Bataille autour de la gestion du budget Ramed

Alors qu’à Tadla-Azilal l’expérience-pilote du Ramed suit son cours (voir article en page 16), les pouvoirs publics n’ont toujours pas réglé une question cruciale sans laquelle la généralisation du système ne pourra pas se faire. Il s’agit de décider, en effet, de qui relèvera la gestion du budget destiné au financement des soins.
Qui tiendra les cordons de la bourse du Ramed ? Mise sur la table au moment de la conception du système, en 2007 déjà, la question n’a jamais été tranchée tant les avis divergeaient. A ce jour encore, les parties concernées continuent de camper sur leurs positions. Le ministère de la santé propose que chaque hôpital soit doté de son propre budget Ramed sur lequel les gestionnaires de l’établissement auraient la main. Du côté de l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam), on estime que c’est cette dernière qui doit plutôt débourser les fonds entre les mains des hôpitaux après que ces derniers aient soumis les dossiers des soins ou alors en se basant sur un budget forfaitaire par patient. Sans cesse repoussée, la question est devenue urgente aujourd’hui car, expliquent des sources bien informées, «depuis quatre mois des personnes bénéficient de soins qu’il faudra forcément financer ». Le débat entre l’Anam et le ministère de la santé ne sera pas une partie de plaisir, tant les positions sont crispées. Pessimistes, certains pensent même qu’il faudra recourir à l’arbitrage du Premier ministre.