Barid Al Maghrib en position dominante ?

Les opérateurs de messagerie express reviennent à  la charge. L’Ascem, association professionnelle regroupant, entre autres, Fedex, TNT, UPS, DHL et Aramex, a saisi il y a quelques jours

Anas Alami, DG de Barid Al Maghrib.

Les opérateurs de messagerie express reviennent à la charge. L’Ascem, association professionnelle regroupant, entre autres, Fedex, TNT, UPS, DHL et Aramex, a saisi il y a quelques jours, dans une correspondance, le ministre délégué chargé des affaires économiques et générales. L’association demande l’intervention de l’Autorité de la concurrence pour l’établissement des conditions d’une concurrence saine dans le secteur de la messagerie. La requête porte sur deux aspects distincts. Le premier est relatif à la position de Barid Al Maghrib (BAM) et de la filiale marocaine de Chronopost détenue à hauteur de 64% par BAM. Pour les membres de l’Ascem, Chronopost jouit d’une position privilégiée sur le marché car logée dans les différentes agences de BAM dont le nombre avoisine les 210. Le management de BAM ne l’entend pas de cette oreille et affirme que sa filiale est liée à Barid Al-Maghrib par des conventions réglementées relatives aux aspects commercial et d’exploitation. «Ces conventions fixent, entre autres, les conditions de rémunération des prestations rendues par Barid Al-Maghrib à sa filiale et vice versa». Le deuxième point évoqué par l’Ascem a trait à la commission versée par les opérateurs à BAM. Ces derniers sont en effet obligés de verser une redevance fixe de 23,40 DH à BAM pour tout colis à l’arrivée comme au départ. Une redevance pour laquelle, estime l’Ascem, les opérateurs ne bénéficient d’aucun service en contrepartie. Un avis que, là aussi, on ne partage pas à BAM où il est expliqué que cette redevance, instaurée en 1998 par arrêté du ministre des télécommunications, correspond à la nécessité de garantir le service universel assuré de fait par Barid Al-Maghrib.
Un débat technique ardu pour Rachid Talbi Alami qui, après s’être imprégné des problèmes de l’industrie des huiles de table, devra se faire, le temps d’une instruction, spécialiste des services postaux.