Banque postale : tout est prêt, il ne manque que les produits

Elle ne peut utiliser ni chèques postaux ni livrets d’épargne.

Annoncée depuis juillet 2008, la Banque postale n’est toujours pas opérationnelle. Pourtant, tout est prêt : les équipes, dont une grande partie provenant de la maison mère, sont déjà recrutées et formées, la logistique mise en place, et la charte graphique déjà définie…mais il manque le plus important : les produits. En fait, pour exercer son activité, la filiale, baptisée Al Barid Bank, a besoin d’abord de collecter l’épargne à travers des comptes-chèques et des livrets d’épargne. Mais elle ne peut pour l’instant utiliser les produits de sa maison mère, à savoir les fameux comptes-chèques postaux (CCP) et les livrets de la Caisse d’épargne nationale (CEN) pour la simple raison que ces deux produits appartiennent de par la loi à Barid Al Maghrib. Poste Maroc doit donc les lui céder, ce qui ne peut se faire que par voie réglementaire, étant donné qu’il s’agit d’un établissement public. D’où la nécessité d’un décret de la part du ministère des finances. Lequel décret, nous dit-on de sources bien informées, sera signé d’ici quelques semaines. Rappelons qu’en 2008, un premier décret avait autorisé Barid Al Maghrib à créer une filiale pour les activités bancaires puis un second, en septembre 2009, avait octroyé l’agrément à la nouvelle filiale pour exercer lesdites activités conformément à la loi bancaire.
Ce retard soulage momentanément le réseau bancaire. Et pour cause, l’appui d’Al Barid Bank sur les 1 750 agences postales, le plus grand réseau au Maroc et surtout le plus étendu en milieu rural, fera certainement de l’ombre à la concurrence qui ne cesse de chercher à élargir ses implantations et qui, saturation des grands centres urbains oblige, se tourne à l’heure actuelles vers villages et localités de campagne.