Banque mondiale, encore des critiques

La Banque mondiale a rendu public, mardi 19 avril, un rapport qui, le moins qu’on puisse en dire, n’est pas tendre avec les pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).

A force de critiques, les pays du Sud finiront par être blasés. La Banque mondiale a rendu public, mardi 19 avril, un rapport qui, le moins qu’on puisse en dire, n’est pas tendre avec les pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).
Ainsi, malgré une croissance respectable du PIB de la région, 4% en 2003 et 3,1% en 2004, les analystes de Washington émettent des réserves importantes. La première est que l’amélioration de la situation économique, en fait, ne résulte pas d’un volontarisme des Etats de la région mais est plutôt le fruit de facteurs externes, notamment la montée en flèche des prix du pétrole. Le rapport de la banque souligne d’ailleurs que la croissance de la région est très mal répartie puisque quatre pays, pétroliers, sont à l’origine, à eux seuls, de 97% de la remontée de la croissance économique. Au fil du raisonnement, le ton se durcit et les experts de Washington n’y vont avec le dos de la cuillère. «La région MENA est à la traîne pour ce qui concerne la réforme de l’environnement de l’activité des entreprises. (…) Le rythme des réformes laisse particulièrement à désirer dans des domaines politiquement sensibles, comme la réforme du cadre judiciaire visant à améliorer l’exécution des contrats», note le rapport, indicateurs à l’appui. Ces indicateurs apportent toutefois quelques bonnes nouvelles, du moins pour le Maroc, avec des notes de loin au-dessus de la moyenne de la région en ce qui concerne les réformes réglementaires et de l’environnement de l’entreprise et surtout les réformes en matière de gouvernance. Pour ces deux aspects, le Maroc récolte respectivement des notes de 62 et 42 contre des moyennes pour la région MENA de 34 et 32. Au pays des aveugles…