«Un poisson pourri…»

Depuis quelques jours, l’opinion publique se fait l’écho d’une sombre affaire de mœurs à laquelle serait mêlé un «haut responsable gouvernemental». Or, quand on lit l’article, à l’origine de cette tempête, on comprend vite que ce n’est ni plus ni moins que du colportage. L’auteur, à aucun moment, ne cite une quelconque source officielle même sous couvert d’anonymat. Par contre, son article est truffé de «selon les habitants de la région…», «l’opinion publique locale s’est fait l’écho de…», «selon des sources dans la région…».
Donc, il s’agit bien de colportage manifeste basé sur une rumeur qui a circulé parmi les habitants de la région. Pas de preuves, pas de déclarations, rien ! L’écrit ne mérite même pas le nom d’«article» et son auteur encore moins l’appellation de «journaliste» car le commun des mortels peut écrire un aussi bon récit en faisant un petit tour dans un café ou chez l’épicier du coin. Or, ce qui est demandé, justement, aux journalistes ce n’est pas de colporter ou de se fonder sur une rumeur mais d’enquêter et d’apporter l’information. La vraie. Maintenant, cet incident nous conduit à nous interroger sur la crédibilité de notre presse. Comment le Maroc peut-il permettre à des individus à la moralité douteuse, sans éthique et parfois d’un niveau d’instruction très bas, de se prévaloir du statut de journaliste ? Dans la presse, vous n’arrêtez pas de crier haut et fort, tous les jours que Dieu fait, qu’il faut moraliser, nettoyer le pays de la racaille, remettre de l’ordre, etc. Commencez déjà par l’appliquer à vous-mêmes car s’il y a quelqu’un qui souffrira le plus de ce genre de pratiques c’est bien la presse. Certes, les vrais journalistes et les vrais organes de presse, respectables et nobles, sont connus de tous, mais n’oublions pas l’adage marocain qui dit «littéralement» qu’«un seul poisson pourri souille le panier en entier».