Alphabétisation buissonnière

470 000 inscrits abandonnent le programme

Fin 2003, une grande campagne d’alphabétisation avait été lancée avec pour ambition d’inscrire un million de personnes. L’opération, baptisée Massirat Annour, avait attiré pas moins de 720 000 personnes, un chiffre non négligeable. Sauf qu’entre-temps, 470 000 bénéficiaires ont interrompu leur marche vers le savoir. Selon des sources au Secrétariat d’Etat chargé de l’alphabétisation, seuls 250 000 sur les 720 000 inscrits initialement ont pu passer les examens de fin d’année. Le reste a abandonné ses classes en cours de route.
Pour la rentrée 2004-2005, 500 000 personnes se sont inscrites et le nouveau secrétaire d’Etat, Anis Birou, compte bien les retenir cette fois-ci jusqu’à la fin du cursus, en évitant les erreurs de Massirat Annour dans sa première version. Pour cela, il s’est penché sur les raisons de ce taux d’abandon trop élevé. Depuis quelques jours, M. Birou a lancé une étude dans trois régions : Marrakech, où le taux d’analphabétisme est le plus élevé, Casablanca où il y a le plus grand nombre d’ouvriers, bénéficiaires potentiels des cours d’alphabétisation, et, enfin Al Hoceima où l’on a enregistré le taux d’abandon le plus élevé. En attendant les résultats définitifs de l’étude, quelques indices permettent d’expliquer les abandons massifs. La première cause est que les programmes ne répondaient pas vraiment aux besoins des intéressés. La seconde, elle, concerne les horaires. A titre d’exemple, les cours programmés entre 18 et 20 heures ne convenaient pas aux femmes au foyer. Troisième raison : les retards de paiement de leurs indemnités aux enseignants dont certains, démotivés, avaient fini par abandonner eux-mêmes les cours. Selon des sources au secrétariat d’Etat, Anis Birou a réglé une grande partie des arriérés et s’est engagé à tout apurer en ce début 2005

Anis Birou veut leur faire reprendre le chemin de l’école et il y met les moyens.