Alioua dévoile ses cartes

Changement stratégique au CIH. La banque, qui ne livrait jusqu’à présent l’information qu’au compte-gouttes, change de cap et fait désormais de la communication un cheval de bataille. Un changement qui doit marquer une nouvelle ère dans «la banque publique», celle de la renaissance du CIH après la consolidation de la participation de son actionnaire de référence, la CDG, pour reprendre les termes de son président, Khalid Alioua. Le retour en force de la caisse dans le capital du CIH, le retrait définitif des banques de son tour de table après la cession des parts de la BMCE à la RMA, est sans nul doute à l’origine de cette sérénité dont fait preuve aujourd’hui le management de la banque.

Pour son plan d’action 2006, la banque a identifié deux axes principaux. Le premier concerne les systèmes d’information afin d’aligner le processus de prise de décision, d’octroi de crédit et de gestion du risque sur les exigences de la loi bancaire et celles de Bâle II.
Le deuxième axe concerne le recouvrement des créances en souffrance, de l’ordre de 10 milliards de DH, dont deux milliards de crédits particuliers. La banque rompt avec la stratégie poursuivie jusqu’à aujourd’hui. Désormais, le CIH refusera toute proposition de prise de participation dans le capital des structures endettées comme c’était le cas auparavant. Le débiteur aura le choix entre une cession totale ou la liquidation judiciaire.

La banque semble aussi avoir tracé sa voie de croissance. L’immobilier continuera à constituer le nerf de la guerre et servira de produit d’appel pour d’autres services, notamment la bancassurance et le crédit à la consommation. 2006 connaîtra la création d’une agence par mois. Le rythme devra passer à deux à partir de 2007. Quant au tourisme, le CIH se contentera de son portefeuille actuel. Objectif : l’assainir et le développer pour décider ultérieurement de son sort

Khalid Alioua affiche une grande sérénité.