Achetez vos stylos en Espagne !

zones franches ou zones de quarantaine ?

Al’heure où le Maroc veut créer des emplois et recherche les moyens d’encourager l’investissement, il continue de fonctionner avec des lois anachroniques. Les textes régissant les zones franches méritent sans doute la palme d’or.
Ainsi, les opérateurs installés à l’intérieur d’une zone franche au Maroc n’ont pas le droit de manipuler le dirham. Toutes les transactions doivent à ce titre être traitées dans des devises étrangères convertibles. Cette disposition crée quelques désagréments.
Exemple, celui des salaires. Les sociétés ne pouvant pas donner des dirhams à leurs salariés, ces derniers sont obligés à chaque fin de mois de sortir de la zone pour se rendre dans une banque en vue de retirer leurs dirhams, virés au préalable. A Tanger, par exemple, dont la zone franche emploie 15 000 personnes, chaque fin de mois connaît des mouvements massifs à l’occasion de la paie. Selon des sources proches du dossier, le problème sera prochainement résolu puisqu’une grande institution financière se propose d’installer des GAB à l’intérieur de la zone. Autre problème : les approvisionnements. Ne pouvant manipuler des dirhams, les sociétés installées à TFZ passent leurs commandes à l’étranger, notamment en Espagne, ou encore elles recourent à un fournisseur local qui doit facturer une exportation, avec passage obligé par la douane. Même pour acheter une boîte de stylos et une rame de papier ! Et enfin, les sociétés des zones franches ne peuvent pas vendre une broutille au Maroc sans passer par l’étranger, toujours à cause des textes de loi. Ce qui donne lieu à des situations des plus cocasses. Exemple : un fabricant de câbles pour automobile doit, pour approvisionner ses clients de Casablanca, faire transiter sa marchandise par… Paris ou Madrid.
Récemment, les industriels opérant dans la zone franche de Tanger (TFZ) ont attiré l’attention du gouvernement sur ces aberrations. Ce dernier s’est engagé à y remédier .

Pour vendre leurs produits à Casa, les industriels de TFZ doivent passer par Paris ou Madrid…