Abderrahim Ariri en garde à  vue

Il détenait des documents classés «secret défense»

A l’heure o๠nous mettions sous presse, Abderrahim Ariri, directeur de publication de l’hebdomadaire arabophone Al Watan Al Ane (ex-Al Bidaoui) et le journaliste Mustapha Hourmat Allah, se trouvaient toujours en garde à  vue à  Casablanca. Un officier a également été interpellé mardi dans la journée, selon le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah. Il s’agit d’un militaire suspecté d’être la source des documents qui ont servi à  la réalisation par l’hebdomadaire d’un dossier sur le terrorisme.

En effet, dans son édition du vendredi 13 juillet, Al Watan Al Ane a publié un dossier intitulé «Les rapports secrets qui ont conduit à  l’état d’alerte au Maroc», en citant des documents du 5e Bureau des FAR. Lesquels documents sont classés «secret défense».

Nabil Benabdallah a affirmé que les perquisitions effectuées aux domiciles des deux journalistes et au siège de la publication ont permis la saisie non pas d’un seul, mais de plusieurs autres documents classés «secret défense». Les ordinateurs et les téléphones portables d’Ariri et de Hourmat Allah ont également été saisis.

La question qui agite aujourd’hui les milieux journalistiques est celle du traitement qui sera réservé aux deux journalistes. Seront-ils jugés selon le Code de la presse ou, comme l’affirment des sources non officielles, par un tribunal militaire ? Selon des sources gouvernementales, les journalistes pourraient être accusés d’atteinte à  la sûreté de l’Etat. Une hypothèse qui inquiète. S’il est prouvé que les mis en cause sont effectivement coupables, ce n’est pas pour autant qu’ils ont eu l’intention de nuire à  la nation. Gare à  la précipitation !