Abbas III pour l’Istiqlal

Un nouveau report du congrès inévitable

L’Istiqlal semble se diriger à grands pas vers un troisième mandat de Abbas El Fassi. Après avoir échoué à trouver un accord lors de la rencontre houleuse du dimanche 5 octobre, la commission de préparation du congrès de l’Istiqlal se réunit à nouveau ce samedi 11.

Objectif : rendre son verdict quant à un éventuel report du congrès, a priori pour la fin novembre.
Pourtant, ce débat servira-t-il à autre chose qu’à sauver les apparences ? Visiblement, la décision du report a déjà été prise depuis un moment.

Vendredi 3 octobre, avant même que la question du report du congrès ne soit officiellement abordée, Larbi Messari, membre du comité exécutif, annonçait sa démission de ce dernier pour protester contre… le risque d’un nouveau report qui priverait «les Istiqlaliens et les Istiqlaliennes de leur droit à décider du destin de leur parti, pour des considérations à caractère formel, individuel, secondaire», écrit-il dans sa lettre adressée à Abbas El Fassi.

Larbi Messari conteste en fait la logique selon laquelle Abbas El Fassi étant Premier ministre, la bienséance voudrait qu’il soit reconduit à son poste de secrétaire général du parti.
L’écart, bien que significatif, a été qualifié de «coup de tête» sans importance par certains de ses collègues à la direction du parti. Il n’empêche que le geste de l’ancien ministre de la communication montre que le mécontentement n’est plus réservé aux exclus de la formation, à l’instar d’un M’hamed El Khalifa.

Pendant ce temps, le Premier ministre, patron de l’Istiqlal, lui, reste zen. Il profite de l’engouement en sa faveur pour arriver à ses fins sans avoir l’air d’y toucher. En effet, il a maintes fois déclaré qu’il se plierait au règlement du parti, qui sera, bien entendu, réformé d’ici au congrès. C’est ainsi qu’une génération de hauts cadres méritants rongera son frein au bénéfice d’un seul homme !