«Assahifa» s’auto-suspend

mohamed hafid convoqué chez le procureur

M. Hafid, directeur de la publication d’«Assahifa».

Après le magazine Nichane, c’est au tour du quotidien arabophone Assahifa de disparaître des kiosques. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une décision des pouvoirs publics mais de la direction du journal lui-même suite à la bévue publiée à la Une de sa livraison du mardi 30 janvier.

Plus qu’une bévue en fait, il s’agit d’une grosse bourde qui a pour point de départ une lettre adressée à la rédaction d’Assahifa par Michael Costin, le président de la société pétrolière Skidmore qui avait berné le Maroc sur le potentiel pétrolifère du site de Talsint en 2000. Assahifa, «par inadvertance», selon un membre de la direction du journal, a repris sur sa Une un extrait de ladite lettre comportant un passage aux propos diffamatoires à l’égard du Souverain.
Le jour même, le directeur de la publication, Mohamed Hafid, annonçait dans un communiqué la suspension provisoire de sa publication. Une suspension décidée pour «y voir plus clair, comprendre les raisons d’une telle erreur et faire en sorte que cela ne se reproduise plus à l’avenir», explique un membre de la direction. Convoqué par le procureur le jour-même, M. Hafid s’est vu demander de fournir une copie de la fameuse lettre.

A l’heure où nous mettions sous presse, et selon des sources bien informées, le Cabinet royal n’avait pas l’intention d’entamer des poursuites à l’encontre de la publication. Pour autant, l’acte d’Assahifa a suscité les critiques de ses confrères dans la profession. «Lorsqu’un organe de presse reçoit une lettre, un communiqué, une déclaration contenant des accusations graves, il ne peut pas se permettre de publier des informations directement, avant de mener une investigation», proteste Younès Moujahid, secrétaire général du SNPM. A plus forte raison s’agissant du Roi. Affaire à suivre.