«Al Massae» vs Me Ziane : où est la diffamation ?

Etonnant ! C’est le moins qu’on puisse dire du verdict rendu par le tribunal de 1ère instance de Casablanca dans l’affaire opposant le bâtonnier de Rabat, Ahmed Ziane, au quotidien arabophone Al Massae. Ce dernier se voit, en effet, contraint de verser à l’avocat 600 000 DH de dommages et intérêts, en plus d’une amende de 20 000 DH à verser au Trésor.

Le journal, rappelons-le, était poursuivi suite à la publication, en avril 2008, d’un article que l’avocat Ahmed Ziane avait jugé diffamatoire à son égard. L’article en question relatait les détails d’une plainte déposée par d’anciens clients de Me Ziane, accusant ce dernier d’avoir procédé à l’acquisition d’un terrain faisant l’objet d’un procès dans lequel l’avocat les représentait.

Le verdict est étonnant car, à la lecture de l’article de notre confrère Al Massae, les termes utilisés sont clairs : l’auteur de l’article n’a fait que rapporter le contenu d’une plainte déposée auprès du tribunal de Rabat, donc accessible au grand public.

En outre, l’article a bel et bien respecté les règles élémentaires de la déontologie puisque l’on y trouve les termes de la plainte, mais également la position de la défense de Me Ziane.

En résumé, pas de diffamation, ni de jugements de valeur, ni même de commentaire. L’on comprend donc mal le verdict rendu par la justice qui risque de créer un précédent grave contre la liberté de la presse.