A Rabat, une concession précipitée

Les autorités de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër mettent les bouchées doubles pour boucler le dossier de la gestion déléguée de la nouvelle décharge Oum Azza.

Les autorités de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër mettent les bouchées doubles pour boucler le dossier de la gestion déléguée de la nouvelle décharge Oum Azza. Les négociations avec l’espagnol Tec Med, second adjudicataire provisoire de l’appel d’offres pour l’exploitation de la décharge depuis le 22 mai dernier, avancent à un rythme soutenu. Les raisons de cette précipitation sont à imputer au projet de loi sur la gestion des déchets solides, actuellement en discussion au Parlement, et qui, selon plusieurs députés, se trouve dans la dernière ligne droite et pourrait être adopté avant fin juin.

Le texte est particulièrement contraignant pour les futurs concessionnaires de décharges. Ce qui dérange le plus est son article 48 qui stipule, entre autres, l’obligation pour les gestionnaires délégués des décharges publiques, de procéder à un découpage selon la nature des déchets à traiter. Trois espaces devront être spécifiés, synonymes d’investissements supplémentaires. Le premier sera consacré aux déchets ménagers, le second aux déchets industriels, médicaux et agricoles, le troisième espace sera réservé au traitement des déchets à haute toxicité. A la décharge d’Oum Azza, aucune trace de ce découpage. On s’interroge aujourd’hui sur les raisons de cette précipitation des responsables de la ville. Le projet de loi, s’il est adopté, protégera mieux les intérêts des habitants des deux rives du Bouregreg. La prudence voudrait que la passation du marché attende la sortie de la loi. Car une fois définitivement adjugé, les élus ne pourront plus résilier le marché. Il est à signaler que cet appel d’offres a été d’abord attribué à Segedema, filiale du français Pizzorno Environnement, avant que celle-ci ne soit écartée au profit des Espagnols. Le coût de la concession est de près de 1,3 milliard de DH sur 20 ans..