60% de décès à  bord des ambulances

Le comité interministériel de la sécurité routière a tenu une réunion lundi 3 novembre au siège de la Primature. L’assistance en est sortie bouleversée par les chiffres alarmants exposés par le ministre des Transports, Karim Ghellab, dans son plan que La Vie éco avait d’ailleurs publié en exclusivité le 24 octobre dernier.

Le comité interministériel de la sécurité routière a tenu une réunion lundi 3 novembre au siège de la Primature. L’assistance en est sortie bouleversée par les chiffres alarmants exposés par le ministre des Transports, Karim Ghellab, dans son plan que La Vie éco avait d’ailleurs publié en exclusivité le 24 octobre dernier.
Le Premier ministre est tombé des nues en découvrant les nombreuses aberrations et procédures administratives biscornues. A commencer par l’état du parc. On apprend ainsi que la majorité des taxis blancs est âgée d’au moins 30 ans. Quand on sait que ces cercueils sur roues transportent des milliers de passagers tous les jours, on se demande tout de même comment une telle tolérance peut exister. Le contrôle est bien sûr mis à l’index avec son éternel corollaire : la corruption. A la Gendarmerie royale, on assure qu’on est devenu intransigeant. Un haut gradé aurait révélé lors de la réunion que 150 gendarmes auraient été limogés pour cause de corruption.
D’un autre côté, le gouvernement promet de sévir en redonnant par exemple aux agents de la circulation le droit de retirer le permis de conduire. Une décision administrative sera incessamment publiée au B.O. Et l’on annonce même qu’au niveau des tribunaux, des juges seront exclusivement affectés aux accidents de la route. Mais l’exemple du transport en ambulance est de loin le plus insolite. Dans tous les pays du monde, et comme le veut la logique, un accidenté est censé être transporté à l’hôpital le plus proche. Chez nous, les ambulanciers obéissent à une autre logique, administrative, puisque les accidentés sont évacués vers l’hôpital qui relève de la circonscription ou de la province dans laquelle a eu lieu l’accident. Et c’est ce qui explique qu’aujourd’hui, selon le rapport, plus de 60% des décès suite à des accidents de la route ont lieu pendant le trajet, c’est-à-dire à bord de l’ambulance. Kafkaïen !