50 000 ha récupérés auprès des colons

Plusieurs questions restent posées comme, par exemple, celle concernant
les indemnisations. La prolongation de l’incertitude a incontestablement
des conséquences sur le plan économique.

Les commissions officielles ont pris possession des quelque 50 000 hectares de lots de colonisation situés dans la province de Rabat et celle de Béni Mellal, et formant la première tranche des 250 000 ha touchés par le dahir du 26 septembre.
Depuis le 27 septembre (date de la parution du dahir au BO), l’Etat est propriétaire de l’ensemble de ces terres. Les anciens propriétaires n’en conservent la jouissance que dans les conditions dictées par le décret et imposant des clauses de sauvegarde et d’exploitation précises. Les terres seront prises en charge par les offices de mise en valeur, par tranches progressives, cette prise de possession devant être terminée au plus tard à la fin 1966. Il est prévu, par ailleurs, que ces terres soient attribuées par la suite à des agriculteurs ou des groupements d’agriculteurs marocains. Mais l’Etat, semble-t-il, s’orienterait vers un mode d’exploitation coopératif sous le contrôle des offices.
Cela dit, plusieurs questions restent posées comme celle des indemnisations. Ainsi, aucune décision ne semble avoir été prise. La prolongation de l’incertitude en ce qui concerne ce problème a incontestablement des conséquences sur le plan économique : non seulement les propriétaires des lots ne savent pas à quoi s’en tenir, mais leurs créanciers se demandent eux aussi comment ils pourront rentrer dans leurs fonds. Résultat : les agriculteurs européens restent sur la réserve, les industriels s’interrogent sur les programmes de production à prévoir et les commerçants sur les commandes à passer.