3e rencontre des agents & courtiers d’assurance : une croissance soutenue mais une réorientation s’impose

Malgré une performance exceptionnelle du secteur, le marché est déséquilibré.

L’assurance-vie réalise une croissance de 42% alors que la non-vie ne dépasse pas 5%. Les intermédiaires dépendent énormément de l’automobile.

La troisième édition de la rencontre annuelle des agents & courtiers d’assurance, organisée jeudi 4 octobre à Casablanca, a été l’occasion de réitérer un constat lié à ce secteur : les manquements persistent malgré une performance exceptionnelle. En effet, le marché de l’assurance au Maroc est le deuxième en Afrique et le troisième au MENA. Or, la croissance soutenue réalisée par le secteur (10% sur plusieurs années) est due à l’assurance-vie qui réalise 42% de croissance, comparé à la non-vie qui ne dépasse pas plus de 5%. Ce n’est pas tout. Les professionnels affirment que le taux d’équipement des entreprises et des ménages reste faible. Cette assertion est corroborée par un pourcentage de moins de 2 % que les assurances facultatives représentent dans tout le marché, un indicateur très significatif.
Sur la non-vie, l’assurance automobile représente 50% du marché. « On peut ajouter à tous ces indicateurs la mauvaise image du secteur que nous devons améliorer. Nous devons améliorer également notre degré de conformité aux standards mondiaux, » a affirmé Hassan Boubrik, président de l’ACAPS.
Alors que le marché fait face au défi de la digitalisation, le métier d’intermédiaire connaît par ailleurs une grande mutation de son rôle au sein d’un marché déséquilibré. « 2% des intermédiaires font plus de 50% du marché alors que le chiffre d’affaires de 25% de ces intermédiaires ne dépasse pas 5 MDH. C’est problématique, » poursuit Boubrik.
Que faire donc ? Les professionnels sont unanimes. La digitalisation offre un éventail de solutions capables de donner plus d’essor aussi bien aux compagnies qu’aux intermédiaires.  À ce propos, l’automobile s’érige comme exemple édifiant. Il s’agit là d’un produit qui n’est pas complexe et peut être distribué via un support numérique, comparé aux autres produits, plus complexes et nécessitant obligatoirement un contact physique.
En tout cas, les intermédiaires dépendent énormément de l’automobile et il est clair qu’une diversification des produits et une meilleure utilisation de l’outil numérique s’impose. « Pourquoi pas des activités annexes qui ne sont pas en contradiction avec les fondements de la profession, » conclut le président de l’ACAPS.