3% des Marocains vivent du cannabis

Plus de 800 000 Marocains tireraient leurs revenus de la culture du cannabis (chanvre indien). En y ajoutant les intermédiaires, les gros trafiquants et les petits dealers des rues, on n’est pas loin du million de personnes qui vivent de cette drogue

Plus de 800 000 Marocains tireraient leurs revenus de la culture du cannabis (chanvre indien). En y ajoutant les intermédiaires, les gros trafiquants et les petits dealers des rues, on n’est pas loin du million de personnes qui vivent de cette drogue, soit 3% de la population. 134 000 ha y seraient consacrés dans le Nord, soit plus du quart de la superficie agricole utile de cette région où, en moyenne, trois villages sur quatre ne continuent à exister que par la grâce de cet or brun.

Une culture qui fait vivre 3 villages sur 4 dans le Nord
La première enquête officielle, menée conjointement par l’Agence du Nord (APDN) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a eu le mérite d’exposer clairement les chiffres d’un sujet jusque-là quasi tabou.
Toujours selon l’enquête, le Maroc serait le premier producteur de résine de cannabis au monde avec un potentiel annuel de 3 080 tonnes, dont 2 300 auraient été écoulées sur le marché européen en 2002. Et le reste ? Sans doute des exportations vers d’autres contrées mais aussi, et on ne le dit pas assez, la consommation intérieure. Les petits dealers pullulent dans les villes du Nord au Sud.
Que faire alors devant un tel fléau ? Reconvertir les cultures? Certes, les exploitants, avec un revenu annuel de 20 000 DH par famille, ne tirent pas grand profit de la culture, c’est plutôt la partie étrangère de la commercialisation qui se sucre, avec un chiffre d’affaires de 120 milliards de DH, selon l’enquête. Mais, un hectare de cannabis rapporte tout de même entre 7 à 16 fois plus que la même superficie cultivée en orge. Et puis, de toute façon, la demande est telle que la tendance serait plutôt à l’extension des superficies cultivées.

On pourrait penser à son utilisation industrielle
Il faudra bien pourtant en passer par la reconversion un jour. En attendant, on pourrait penser à une utilisation industrielle du chanvre sous forme de tissu, comme cela se pratique en Asie. On pourrait également profiter des vertus médicales du principe actif du cannabis (le tétrahydrocannabinol) pour fabriquer des médicaments anti-douleur. En attendant ce jour lointain…très lointain, où il n’y aura plus de kif au Maroc.