3 300 médecins de plus en dix ans !

12 pour 10 000 habitants dans le monde, 5 au maroc

L’initiative 10 000 ingénieurs fait des émules. Les pouvoirs publics sont en train de concocter un projet du même genre mais qui porte cette fois-ci sur les médecins. Objectif : former

3 300 praticiens de plus au cours des dix prochaines années. Si le chiffre peut paraître faible puisque l’on en formera à peine 330 de plus par an, il faut savoir que, sur la période 1990-2006, à peine 700 nouveaux médecins arrivaient chaque année sur le marché. C’est insuffisant car le Maroc est aujourd’hui un des pays où le nombre de médecins pour 10 000 habitants est le plus faible au monde : à peine 5,3. La moyenne mondiale est de 12,3 médecins pour 10 000 habitants, la France en est à… 34 et, tout près de nous, la Tunisie compte 13,4 médecins pour 10 000 habitants.

L’opération 3 300 médecins permettra donc de multiplier par 1,5 fois la moyenne des 16 dernières années avec l’objectif d’atteindre d’ici 2020 la barre des 10 médecins pour 10 000 habitants.

L’initiative est louable, mais il y a un problème qui, s’il n’est pas traité, risque d’annuler l’effet de l’augmentation du nombre de nouveaux médecins : celui de la répartition géographique. Aujourd’hui, sur les 16 000 médecins exerçant aussi bien dans le public que le privé, près de la moitié sont sur l’axe Rabat-Casablanca. Du coup, si la moyenne nationale est de 5 médecins pour 10 000 habitants, elle est beaucoup plus faible dans plusieurs régions. Ainsi, si Casablanca, Rabat et leurs régions comptent à elles seules plus de 7 000 médecins on en trouve à peine 400 pour toute la région de Taza-Al Hoceima-Taounate ou encore 385 pour Tadla-Azilal. Former plus, c’est bien, mais encore faut-il que les futurs médecins acceptent d’aller exercer là où les citoyens ont le plus besoin d’eux !