20 000 séropositifs qui s’ignorent

1557 cas de sida déclarés.

Depuis la déclaration du premier cas de sida au Maroc, en 1986 et jusqu’au 30 novembre 2004, 1 557 cas ont été notifiés. C’est ce que nous apprend le très officiel communiqué du ministère de la Santé publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre. Quelle est la véracité de ce chiffre ?
Pour le Dr Hakima Himmich, présidente de l’Association de lutte contre le sida (ALCS), il faut faire la part des choses. Il y a effectivement
1 557 cas déclarés, mais ce chiffre ne concerne que les cas notifiés au ministère de la Santé. Or, comme l’explique Mme Himmich, «aujourd’hui, seuls les médecins du public déclarent de manière systématique les cas de sida diagnostiqués». Leurs confrères du privé, eux, ne le font pas, pour deux raisons. La première est que le système de déclaration obligatoire pour certaines maladies, et pas uniquement le sida, n’est pas encore au point au niveau du secteur privé. Seconde raison : les médecins marocains ne sont pas tous en mesure aujourd’hui de reconnaître le sida, car, souvent, certains symptômes peuvent induire en erreur. Beaucoup de décès peuvent, ainsi, être imputés à la tuberculose ou au lymphome alors qu’ils sont le fait du virus HIV.
Pour la présidente de l’ALCS, le vrai problème aujourd’hui ne réside pas dans cette bagarre des chiffres mais dans la partie immergée de l’iceberg que constituent les milliers de séropositifs qui s’ignorent et qui sont dans la nature. Selon des estimations établies en 2003 par le département de la Santé, leur nombre serait compris entre 15 000 et 20 000 cas. Ce sont ceux-là qu’il faut cibler. L’ALCS a pensé à leur proposer un dépistage gratuit et anonyme. Il suffit pour cela de contacter le 081 00 25 25. Un numéro à afficher dans tous les lieux publics

Le Dr Hakima Himmich : seuls les médecins du public déclarent de manière systématique les cas de sida.