2 000 visas pour des «haj clandestins»

ils accomplissent le pèlerinage en dehors des circuits officiels

La campagne du pèlerinage fait encore une fois parler d’elle, cette fois-ci sur un registre bien particulier. Chaque année, à  l’occasion de cette opération, l’ambassade d’Arabie Saoudite à  Rabat délivre des visas dits «moujamala», ou de complaisance, à  des citoyens marocains, souvent des notables, ou des personnes recommandées par ces derniers.

Ces pèlerins qui ne suivent pas la voie normale (inscription auprès des préfectures ou des agences de voyages) accomplissent donc le pèlerinage de manière quasi-clandestine. A la Fédération nationale des agences de voyages (FNAVM), qui estime entre 2 000 et 4 000 le nombre de ces visas, soit l’équivalent du quota d’une centaine d’agences de voyages, on s’interroge sur les conditions dans lesquelles ces «pèlerins spéciaux» accomplissent leur devoir religieux puisqu’ils ne voyagent ni à  travers les agences ni avec les délégations du ministère des habous et des affaires islamiques. D’autres interrogations viennent aussi à  l’esprit. Comment, par exemple, obtiennent-ils leur dotation en devises saoudiennes dans la mesure o๠ils ne sont pas considérés par l’Office des changes comme faisant partie du contingent national. Pourtant, arrivés sur place, ils sont obligés, hormis les frais de gà®te et de nourriture, de s’acquitter auprès des autorités saoudiennes d’une somme de 1 029 rials, au moins, pour garantir le paiement de certaines prestations sur place. Pourquoi ne pas intégrer ces pèlerins aux quotas des agences ou tout simplement au contingent du ministère des habous ? Le chiffre d’affaires non réalisé et qui échappe aux circuits normaux est estimé à  environ 90 millions de DH, sans parler des désagréments que peut causer la présence de ces personnes en matière d’organisation sur les lieux du pèlerinage. Pendant ce temps, les futurs pèlerins voyageant dans un cadre officiel, eux, attendent toujours leurs visas.