18 000 logements de recasement boudés

Problème de fonds ou cas isolés ? C’est la question à laquelle les responsables du ministère de l’habitat tentent de répondre aujourd’hui à la lumière d’un chiffre : 18 000 logements, dans différentes villes, destinés en principe au recasement de ménages bidonvillois, sont achevés mais toujours fermés faute d’habitants. Une situation pour le moins paradoxale dans un pays qui fait de l’éradication des bidonvilles une priorité nationale. L’explication de cette anomalie est simple : on construit plus vite qu’on ne détruit de baraques. En effet, il existe aujourd’hui un décalage énorme entre le rythme effréné de construction (98 000 unités de logement sont en cours de construction) et celui, beaucoup plus lent, du relogement. «C’est essentiellement dû à la résistance des bidonvillois qui r e f u s e n t d e quitter leur s baraques pour habiter un logement en dur. Les autorités locales n’arrivent pas à assumer leur rôle en matière d’accompagnement social de la population», souligne une source au sein du ministère de l’habitat. En tête de liste des villes qui connaissent le plus grand retard, Marrakech,Tanger, El Jadida, Kénitra ou encore Casablanca qui n’a pas encore éradiqué plus de 10% de ses 64 000 baraques concernées par la première tranche du programme. Pourtant, au début de cette année, le Premier ministre Driss Jettou avait déclaré que le gouvernement a pour objectif la démolition de 50 000 baraques durant l’année 2007 dans le cadre du programme VSB. Arrivera-t’il à tenir le pari ?