1,4 milliard de DH pour les études à  l’étranger

Au moment où la réforme de l’enseignement supérieur semble enclenchée et où certains débats, comme celui de la gratuité de l’enseignement, reviennent de manière récurrente sur la scène publique, il est des chiffres qui donnent à réfléchir. Ainsi, la balance des paiements de l’exercice 2003, publiée récemment par l’Office des changes, comporte entre autres rubriques, celle intitulée «dépenses voyages». On y apprend qu’en 2003 les Marocains ont dépensé près de 1,4 milliard de DH – et en devises SVP – pour financer les frais de scolarité de leur progéniture à l’étranger. En 1990, ce montant n’était que de 290 millions de DH, soit cinq fois moins. A quoi attribuer cela ? L’augmentation des frais de scolarité dans les universités étrangères ? Il est peu probable que ces derniers aient crû de 500% en quatorze ans. L’explication réside dans le peu de confiance que les Marocains accordent à l’enseignement supérieur au sein de leur pays.
On sera encore plus surpris d’apprendre que la réforme de l’enseignement supérieur n’a pas enrayé le mouvement. Ainsi, depuis l’année 2000, le taux d’accroissement de ce type de dépenses a été plus important qu’auparavant.
Quant à la gratuité de l’enseignement, il s’agit d’un faux débat. Une bonne partie des Marocains est prête à payer le prix qu’il faut pour un enseignement de qualité. Et même ceux qui n’ont pas suffisamment de moyens se saignent pour y arriver