10 ans de prison pour un inspecteur du travail

Une fois n’est pas coutume, ce sont les inspecteurs du travail qui se mettent en grève. Les membres de la profession se disent horrifiés suite à une action en justice intentée contre un des leurs. Zine Al Abidine Kacha, exerçant à Marrakech, a été condamné le 8 avril 2005 à dix ans de prison ferme, «pour avoir seulement rédigé en 1993 des procès-verbaux concernant un licenciement collectif suivi de la fermeture de l’usine», indique un communiqué commun signé par l’Association marocaine des inspecteurs du travail, le syndicat national des inspecteurs du travail (affilié à l’UGTM), le bureau syndical des inspecteurs et fonctionnaires du ministère du Travail (UMT) et la CDT.
S’élevant contre cette décision, le comité de coordination issu de ce collectif syndical appelle à des grèves nationales les 19 et 20 avril (sur les lieux du travail) et les 26 et 27 avril avec organisation d’un sit-in devant le ministère du Travail.
En outre, les inspecteurs du travail, qui considèrent cette décision comme une première dans les annales de la profession, ont décidé de surseoir à la rédaction de PV puisque désormais, soutiennent-ils, rien ne leur garantit qu’ils ne seront pas, à chaque fois, poursuivis en justice. C’est pourquoi d’ailleurs, parmi les revendications (récurrentes, il est vrai) évoquées dans leur communiqué, figure en bonne place la nécessité d’offrir à cette profession les garanties juridiques nécessaires qui doivent se matérialiser notamment par la promulgation du statut des inspecteurs du travail. Mais un tel statut, attendu pourtant depuis longtemps, n’est pas près de voir le jour, surtout avec la réforme en cours des textes régissant la fonction publique