Walis new wave

La nomination, par SM le Roi, de la dernière fournée de walis et gouverneurs marquera probablement un tournant.

La nomination, par SM le Roi, de la dernière fournée de walis et gouverneurs marquera probablement un tournant. Pas seulement par les profils des nouveaux nommés, par la présence de femmes ou de jeunes, mais plus par le changement profond que devra forcément connaître le mode de fonctionnement de l’administration territoriale. Car, on l’aura remarqué, les messages royaux aux nouveaux nommés se sont focalisés, de manière plus appuyée que par le passé, sur leurs nouvelles missions résumées par les mots suivants : politique de proximité, travail de terrain, écoute des citoyens et forte implication dans les chantiers de développement humain, économique et social. Tout est dit. Il s’agit véritablement d’un contrat d’objectifs, un véritable cahier des charges.

La nouvelle mission des walis et gouverneurs n’est plus seulement comme dans le passé d’assurer la représentation de l’Etat central au niveau régional. Aujourd’hui, ce sont de véritables managers et des femmes et hommes de terrain dont nous avons besoin. Dans quelques années, quand la régionalisation, espérons-le, aura pleinement pris place, les walis et gouverneurs devront, en plus, être doublés de stratèges marketeurs capables de faire des benchmarks, de se comparer avec les autres régions, de construire des vocations, de mettre au point des offres intégrées pour les investisseurs et surtout d’aller eux-mêmes démarcher et vendre leurs packages aux opérateurs. Dans un pays comme les Etats-Unis, les Etats, voire les villes entre elles se livrent à une guerre sans merci pour attirer et garder les investisseurs américains et étrangers. Les gestionnaires des grandes villes sont de véritables VRP qui passent leur temps à prospecter de nouveaux investisseurs potentiels.

A certaines occasions, le Maroc a démontré qu’il pouvait concourir à ce type de courses et faire face à des compétiteurs «agressifs» et parfois même, sur papier, plus forts. Quand, il y a quelques années, le constructeur français Renault était encore indécis sur le lieu d’implantation de sa nouvelle grande usine, des ministres, et non des moindres, n’hésitaient et n’avaient pas honte d’aller à Paris plusieurs fois par semaine pour faire le pied de grue devant le bureau de Carlos Ghosn en vue de le convaincre de venir s’installer à Tanger. A l’époque, le Maroc était en course contre des poids lourds mondiaux de l’automobile comme la Turquie, la Roumanie,  voire l’Espagne. Mais quand il s’agit de défendre l’intérêt du pays et d’aller chercher des opportunités, aucune mission n’est dévalorisante, quel que soit le rang.

C’est ce même état d’esprit qui gagnerait désormais à être généralisé à l’intérieur même du pays. Un gouverneur ou un wali n’est plus seulement confiné dans son rôle régalien de garant de la sécurité et du bon fonctionnement des administrations sur le territoire dont il a la charge. Les agents d’autorité de nouvelle génération doivent être en première ligne des équipes qui vont chercher les opportunités d’investissements et de création d’emplois. En tout cas, c’est ce qui est désormais attendu d’eux…