Voter mercredi

Dans une semaine, dans ces mêmes colonnes, il sera question inévitablement des résultats du vote du 8 septembre.

D’ici là, et à J-5, les partis s’activent comme ils peuvent sur le terrain malgré une conjoncture sanitaire contraignante qui pèse sur la campagne. Mais déjà un premier constat révélateur qui suscite de l’optimisme : Même avec un dispositif réduit sur le terrain, mesures préventives obligent, les moyens digitaux et numériques ont permis de compenser largement ce handicap. En se rabattant sur le canal le plus safe, en l’occurrence les réseaux sociaux, les partis politiques qui ont su comment les activer et les exploiter ont pu mobiliser et toucher des franges de la population plus larges et plus importantes en nombre que ce que leur permettent des meetings sur le terrain.

En plus, connaissant les réseaux sociaux et le profil de personnes qui y sont actives, les partis sont convaincus que le digital leur aura permis cette année de toucher massivement les jeunes connus aussi pour être une des catégories les plus abstentionnistes.

Bien entendu, le digital et les réseaux sociaux ne constituent pas la solution à eux seuls, parce qu’ils ne sont qu’un canal, un support pour lequel il faut évidemment du bon contenu.

Or, la matière servie ne peut provenir, elle, que du terrain à travers un réel travail au quotidien de proximité et d’écoute intelligente du citoyen. Et cela n’est pas l’affaire de quelques jours de campagne. Il s’agit du fonctionnement naturel de tout parti qui se respecte.

C’est dire qu’à J-5, le citoyen a déjà eu le temps de se faire une opinion entre ceux qui sont restés présents sur le terrain depuis le lendemain même des dernières élections et les autres qu’il n’a plus revus depuis le 7 octobre 2016.

Mais avoir un choix est une chose et aller effectivement l’exprimer à travers les urnes en est une autre. L’acte de se déplacer le jour du vote et de mettre son bulletin dans l’urne est le seul et unique moyen pour le citoyen de faire valoir, par la suite, son droit à demander une reddition des comptes à ceux qui seront demain élus, que ce soit au niveau local, régional ou national.

Voter est aussi la seule manière pour barrer la route à ceux qui, pendant trop longtemps, ont accaparé le terrain politique avec des pratiques sournoises pour tenir à l’écart des pans entiers d’électeurs et laisser, au final, le champ libre à leurs troupes «embrigadées». Avis à la majorité silencieuse…