Vigilance… reconnaissance

La dépêche passe quasiment inaperçue comme un simple et anodin fait divers : une cellule pro-Daech a été démantelée par le BCIJ mercredi dernier concomitamment avec une autre de l’autre côté de la Méditerranée, à Madrid, dans le cadre de la coopération entre les services marocains et leurs homologues espagnols.

L’information tombée dans la nuit du mercredi 4 décembre a été traitée, certes, mais vite oubliée dans la journée devant le flot d’autres informations qui viennent déferler dans les médias pendant la journée. Quelques heures plus tard, elle était déjà périmée et personne n’en parlait plus.

Certes le traitement y est pour beaucoup, les médias, toutes catégories confondues, mais surtout les digitaux, ayant tendance de plus en plus à carburer à l’instantané et au sensationnel. D’un autre côté, considérer un tel événement comme un vulgaire fait divers ne lui donne pas sa vraie portée à savoir que chaque démantèlement a évité le pire au pays.

Il faut dire aussi que les démantèlements de cellules de terroristes se sont tellement multipliés au Maroc qu’ils sont effectivement réduits à des actes banals. Ce qui est loin d’être le cas, évidemment. Car, imaginons un instant ce qui pourrait se passer si, par exemple, les individus arrêtés cette semaine ne l’avaient pas été… Et s’ils étaient passés à l’acte, qu’à Dieu ne plaise. Qu’aurait-on eu comme conséquences ? Et qu’aurait été la réaction des médias et de l’opinion publique ?

Maintenant qu’elle a été neutralisée, on ne saura jamais ce que cette cellule aurait pu occasionner comme dégâts ou comme pertes en vies humaines innocentes. Entre ce qui semble aujourd’hui comme un simple fait divers et une vraie tragédie nationale,…

Que faut-il en conclure ? D’abord, qu’il y a un réel travail à faire en termes de communication envers les médias, et, par ricochet, envers l’opinion publique pour ne plus banaliser ces opérations de déglingage aussi nombreuses soient-elles.

L’autre leçon à tirer de cette situation est qu’il est devenu aujourd’hui urgent de redonner au travail accompli par les services en charge de protéger la sécurité et la quiétude des Marocains, la vraie valeur que nous leur devons car à chaque fois qu’une petite cellule est neutralisée, il faut se rappeler qu’on est, en fait, passé à côté d’une catastrophe. La moindre gratitude envers eux commence déjà par ne plus banaliser ce qu’ils font.

Ne plus le faire c’est également et enfin garder la mémoire des Marocains vive et les maintenir vigilants. Si on ne compte plus le nombre de cellules démantelées ces dernières années, il faut en déduire que ces individus néfastes sont constamment parmi nous. Ils vivent cachés, camouflés, infiltrés dans la société et n’attendent que le moment propice pour passer à l’acte. La vigilance n’est pas l’affaire des services à eux seuls mais de tous les citoyens, de la société entière.