Veillée d’armes

Plusieurs enseignements et lectures sont possibles face à l’embellie, actée par les statistiques, que connaissent les performances nationales à l’export.

Les chiffres de la balance commerciale établissent des croissances à deux chiffres dans beaucoup de secteurs comme les phosphates et dérivés, l’industrie automobile, l’agriculture et agro-industrie ou encore l’électronique, l’aéronautique et le textile et habillement.

Le premier constat à faire est que le produit marocain a toujours sa place sur les marchés mondiaux. Tout doit être fait, non seulement pour préserver ces positions, mais pour les développer encore et encore, soit avec plus d’agressivité sur les marchés actuels , soit en allant à la conquête de marchés nouveaux avec des produits plus diversifiés.

L’autre lecture possible est que le «Made in Morocco», contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est ni synonyme d’autarcie ou renfermement ni une option antinomique avec l’export. C’est même tout le contraire. Promouvoir les produits locaux sur le marché domestique peut être pour les entreprises un levier d’amélioration de la compétitivité et de la qualité. D’un autre côté, et sur le plan macroéconomique, il ne s’agit pas d’un jeu à somme nulle. Pour continuer à développer davantage leurs exportations tout en répondant à une demande locale plus importante, les industriels marocains sont mécaniquement obligés d’augmenter les volumes qu’ils sont habitués à produire. Ce qui, mathématiquement, implique des extensions de capacités, et donc des investissements en plus pour étoffer l’outil industriel, des emplois à créer et, in fine, plus de revenus, de valeur ajoutée et de points de PIB.

L’autre constat est le suivant : Si le Maroc a pu, en 2021, honorer les commandes de ses clients, c’est parce qu’il disposait de son outil quand il le fallait, c’est-à-dire au moment où la demande mondiale fut ravivée. En d’autres termes, si des efforts n’avaient pas été faits par l’État en 2020 et début 2021 pour préserver son tissu industriel même avec une économie mondiale paralysée, il aurait perdu des positions à l’international. Ceci est encore plus valable aujourd’hui pour un secteur comme le tourisme et l’hôtellerie. Tout doit être fait pour que dans quelque temps le Maroc continue de disposer d’une industrie touristique préparée, compétitive et en mesure de se positionner en force sur le marché mondial du voyage qui va probablement exploser. Et comme pour l’industrie, le secteur du tourisme dispose déjà d’un marché immédiat intéressant et rémunérateur, à savoir le voyage «Made in Morocco».

Et si les hôteliers commençaient déjà par là en attendant l’ouverture des frontières… ?