Une transparence à  saluer

L’Etat ne peut, à  lui seul, assurer la sécurité de tout un chacun face au terrorisme. Il le reconnaît et propose un pacte à  tous. Cette main tendue doit être saisie.

Le terrorisme sera sans doute la plus grande menace à laquelle devra faire face la planète au cours des 20 prochaines années. Cette guérilla moderne, qui se nourrit de l’obscurantisme et s’épanouit à la lumière des injustices, se développe sur le terreau des inégalités sociales et trouve sa raison d’être dans le combat contre la modernité, n’épargnera pas le Maroc. Les responsables sécuritaires du Royaume ne le cachent pas en affirmant que la donne s’installe dans le temps et qu’il faudra vivre avec pendant 10 ou 15 ans. Le tout est aujourd’hui de savoir justement vivre avec la menace, en atténuer la probabilité, réagir promptement et minimiser l’impact sur l’investissement étranger et le tourisme.

C’est pourquoi il faut saluer l’initiative prise par le ministère de l’intérieur – qui continue toutefois de communiquer assez mal – d’associer à son plan de lutte contre le fléau aussi bien les opérateurs publics en charge des secteurs stratégiques que les entreprises. L’Etat ne peut, à lui seul, assurer la sécurité de tout un chacun face à une menace diffuse géographiquement et de nature inconnue. Il le reconnaît et propose un pacte à tous les concernés : action concertée, mise en commun de moyens et échange d’informations dans l’intérêt bien compris de tous. Il serait illogique de refuser cette main tendue et les patrons l’ont bien compris.

Il reste un point faible, le volet de la communication. Envers la population nationale, d’abord, qui s’abreuve d’informations parfois contradictoires publiées par la presse. En ces temps d’alerte maximale, il serait bon que le ministre de l’intérieur, le ministre délégué ou un responsable du département ayant suffisamment de latitude fasse des sorties télévisées pour expliquer, rassurer, mais aussi appeler à la mobilisation. La traditionnelle minute de déclaration accordée au JT sonne creux et risque de décrédibiliser les efforts de l’Etat. Communication envers l’étranger, ensuite, parce que des intérêts économiques risquent d’être impactés par les signaux négatifs liés au risque d’attentat, à l’heure où la dépendance commerciale envers les pays voisins s’accentue. Ce marketing diplomatique doit être entrepris et même confié, outre les ministres habituels, à des professionnels de la communication.

Cela dit, ne boudons pas notre satisfaction. Il est loin le temps où le citoyen apprenait par la presse étrangère les détails d’événements ou d’actes survenus à l’intérieur du territoire national.