Un portefeuille à  assainir

L’épisode, pas encore clos, de la Suède nous aura permis au moins de nous remémorer ces petits détails souvent oubliés dans cette multitude de fronts et de chantiers ouverts par le Maroc sur tous les plans.

Et voilà que dès qu’on a commencé à gratter un peu plus pour savoir de qui nous parlons, nous découvrons que, depuis des années, la Suède est finalement une mauvaise affaire pour le Maroc, du moins sur le plan économique. Les échanges de loin inégaux avec ce pays nous font subir un lourd déficit qui, à lui seul, suffit pour qu’on se penche sérieusement sur la question : 14 milliards de DH sur les cinq dernières années. C’est un transfert de l’économie marocaine vers celle suédoise.
Les spécialistes en commerce extérieur expliquent souvent qu’en matière d’échanges, il faut parfois supporter une telle situation mais seulement quand il s’agit de relations stratégiques au-delà du commerce ou quand on en importe des produits vitaux. Or, dans le cas de la Suède, par exemple, il ne s’agit ni de l’un ni de l’autre. Car quand on farfouille un peu plus dans les produits que nous importons de ces contrées lointaines, on y trouve majoritairement du bois brut, des médicaments, de la bière et un peu de quincaillerie, de machinerie de BTP ou de pneumatique. En résumé, rien de bien stratégique qui pourrait paralyser notre économie. Non seulement ça, mais il s’agit, en plus, de produits pour lesquels nous pouvons demain trouver facilement d’autres fournisseurs à portée de main, peut-être à de meilleurs prix et probablement aussi auprès de pays «amis» du Maroc.

C’est dire que si aujourd’hui le gouvernement dit vouloir s’attaquer sérieusement à la question cruciale de notre balance commerciale c’est par là qu’il devrait commencer le travail.

Certes, nos exportations ont besoin d’être revigorées, développées. Mais nos importations, elles aussi, ont besoin d’être reprofilées. De chez qui importons-nous ? Et à quels prix ? Et en contrepartie de quoi ? Des questions auxquelles l’armée de fonctionnaires du ministère du commerce extérieur devrait apporter des réponses. Il est fort à parier que des pays «mauvaise affaire» comme la Suède, il doit en exister beaucoup dans notre portefeuille des échanges. Il est peut-être grand temps que l’administration fasse une revue globale et surtout un recadrage de nos relations pour, in fine, assainir notre portefeuille de fournisseurs. Exactement comme le ferait une entreprise. A l’heure où les relations internationales sont devenues, plus que jamais, basées sur la paire inséparable business-politique, la reconstruction d’une machine diplomatique marocaine proactive et efficace passera nécessairement aussi par l’économique…