Un Maroc caméléon…

• Les lycéens des classes terminales s’apprêtent à passer leurs épreuves du baccalauréat dans des conditions très spéciales et inédites pour une année tout aussi exceptionnelle.

Une année 2020 durant laquelle le monde entier passe des épreuves très dures. Depuis le mois de mars, le Maroc, à l’image de ses lycéens, est confronté à des épreuves.
La première a démarré le 2 mars précisément, jour de déclaration du premier cas Covid-19, avec pour sujet principal la lutte contre la pandémie. Et il a rendu une copie plus qu’honorable, même s’il n’était pas particulièrement mieux préparé ni outillé que d’autres à faire face à une situation de crise sanitaire sans précédent. Mais contrairement à ce qui peut être sur du papier, c’est l’action sur le terrain qui fait foi. Et le Maroc a su gérer avec succès la pandémie. Les chiffres et statistiques parlent pour lui et font parler de lui. Si cette première épreuve principale de l’examen a été réussie c’est grâce à beaucoup de facteurs et paramètres. La réactivité des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs en charge de concevoir et piloter le dispositif de lutte, la lucidité des choix et des options prises à tous les niveaux de responsabilité, la célérité dans la mise en marche des décisions et, bien évidemment, l’extraordinaire mouvement collectif de solidarité et d’engagement dont ont fait preuve les Marocains…, toutes les composantes de la société sans exception, que ce soit du côté des décideurs publics, des banques, des opérateurs économiques privés, des industriels, des professions en première ligne comme les soignants et les enseignants, de la société civile et des citoyens…
Depuis quelques jours, c’est la deuxième épreuve qui commence pour le Maroc. Elle est d’une tout autre nature et sera certainement tout aussi difficile, sinon plus que la première, et plus longue. Cette épreuve sera à caractère social et économique et aura pour sujet principal la relance. Elle pourrait durer plusieurs mois, être plus complexe, plus périlleuse. Il n’y a qu’à entendre les propos tenus par le gouverneur de Bank Al-Maghrib pour mesurer l’ampleur de la tâche qui nous attend avec un environnement dominé par de très fortes incertitudes. Pourtant, fort de sa belle copie de la première épreuve, celle de la pandémie, le Maroc est en droit d’avoir confiance en lui et en ses capacités pour réussir la deuxième. Avec le même état d’esprit d’union, de solidarité, de réactivité, et la même foi…, la relance de l’économie marocaine sera certainement plus rapide et plus vigoureuse que ce qui est avancé par les pronostics…