Turkish model

Le rêve que la Turquie transmet à travers ses fictions diffusées en boucle à la télévision fait qu’elle a pu, en quelques années, susciter l’intérêt, voire l’admiration de sa cible arabe.

Il n’y a rien à dire. En termes de marketing ciblé, la Turquie est une championne. Elle sait soigner son image, la sculpter, l’adapter, jouer sur la corde sensible des liens culturels et cultuels, bien définir sa cible et la séduire avec tout son arsenal commercial, ne laissant aucun détail au hasard. Au monde arabo-musulman, elle renvoie l’image suivante d’un peuple moderne, fier de son histoire et profondément attaché à sa culture. Et cela plaît beaucoup. Le rêve qu’elle transmet à travers ses fictions diffusées en boucle à la télévision fait que la Turquie a pu, en quelques années, susciter l’intérêt, voire l’admiration du monde arabe. Le Maroc n’y échappe pas. Outre son textile souvent d’un bon rapport qualité/prix (à coups de subventions au grand dam de l’industrie locale marocaine), le pays d’Atatürk a su également se positionner comme destination médicale de choix, notamment pour les greffes capillaires et les spécialités dentaires. Et à quelques semaines des vacances scolaires, la Turquie fait l’objet d’une forte demande de la part des touristes marocains. Ils étaient 180000 à avoir foulé le tarmac de ses aéroports en 2018, en croissance à deux chiffres par rapport à l’année précédente. Les prévisions pour l’année en cours semblent confirmer cette tendance, eu égard au fort taux de retour qu’enregistre la destination auprès des voyageurs au départ du Royaume.

Comment les descendants de l’Empire ottoman ont-ils pu tisser tous ces liens avec le client marocain en si peu de temps ? La Turquie dispose certes d’une économie plus développée que celle du Maroc, mais c’est essentiellement en faisant jouer la culture, en remettant au goût du jour son histoire et en ressuscitant ses héros d’antan, avec une esthétique et une trame soignées, qu’elle a remporté tous les suffrages.

Tous les acteurs économiques du pays ont participé à cette opération charme en subventionnant des productions dotées d’un budget pharaonique. Ces dernières connaissent un franc succès auprès des populations arabophones.

De son côté, le Maroc regorge de trésors historiques, a de belles histoires à raconter, mais ne sait pas valoriser ses atouts.
A qui la faute ?