Tout n’est pas perdu…

Les dernières pluies enregistrées entre fin mars et début avril, bien que tardives, vont probablement infléchir de manière décisive le profil de la campagne agricole par rapport à ce qui se dessinait depuis le début.

Les projections des spécialistes et agronomes du ministère disent que l’année, finalement, sera beaucoup moins catastrophique que ce qui était prévu quelques semaines auparavant. En fait, nous disent les analystes, la perturbation du cycle pluviométrique par rapport à une année normale va essentiellement affecter des cultures comme les céréales qui servent bien entendu à l’alimentation humaine, et qui entrent aussi dans la filière de l’élevage, une activité dont dépendent des millions de familles rurales. Raison pour laquelle, d’ailleurs, l’une des premières actions d’urgence lancées en priorité consistait à donner des dotations d’orge aux éleveurs pour sauver le cheptel d’abord. Sans oublier les indemnisations versées par les compagnies d’assurance aux cultivateurs de céréales pour cause de récolte compromise. Mais pas entièrement perdue. Parce que les dernières pluies vont permettre un rattrapage de certaines céréales tardives. En se fiant aux premières prévisions, selon l’état actuel de la campagne, l’année agricole ne sera pas en dessous de la moyenne car, à l’exception céréalière, toutes les autres filières moins dépendantes directement de la pluviométrie sont en situation végétative normale, voire bonne. Cela n’aurait pas été possible dans les cycles de sécheresse des années 80 et 90 du siècle dernier et même au début des années 2000. Pendant des décennies, l’une des grandes questions qui turlupinait les économistes, analystes, experts et même les décideurs et responsables publics, ou encore les partenaires institutionnels du Maroc, était de savoir comment et quoi faire pour déconnecter la croissance de l’économie, et donc la performance du secteur agricole, de la pluviométrie. Depuis quelques années, un des effets majeurs du Plan Maroc Vert se fait justement ressentir en termes d’autonomisation de la prestation agricole vis-à-vis de la météo. Cet exploit, auquel peu de gens croyaient, a été réalisé à travers le travail colossal de modernisation et de transformation des bases de l’agriculture, de ses structures, de ses méthodes. Des moyens financiers y ont été mis, certes, mais aussi de l’innovation, de la recherche, de la science. Le successeur du PMV, à savoir Al Jayl Akhdar, consolidera et renforcera certainement cette révolution pour que dans un avenir proche, les agriculteurs marocains soient en mesure d’afficher des performances en totale indépendance du ciel. C’est possible !