Simplifier pour mieux servir

Cette fois sera visiblement la bonne en matière de simplification des procédures administratives au Maroc. Il est vrai que les mesures législatives et réglementaires prises tout récemment par le gouvernement semblent ambitieuses et prendront probablement du temps à se mettre en place. Cependant, les annonces récentes de certaines administrations, et non des moindres, sont de nature à permettre d’espérer que cette fois-ci la volonté y est vraiment pour en finir avec ce grand et éternel serpent de mer. Après l’administration des douanes, il y a quelques semaines, c’est au tour aujourd’hui de la CNSS d’annoncer une batterie de mesures de simplification en supprimant, notamment, des documents que devaient remettre, certains chaque année, les assurés et les personnes qui bénéficiaient des prestations de la caisse.

Ainsi, pour s’immatriculer, s’inscrire à l’AMO ou recevoir des remboursements, des pensions ou des allocations sociales et familiales, l’assuré, selon sa situation, devait fournir des documents et certificats pour attester et prouver, entre autres exemples, de personnes à charge pour les allocations, de non-activité pour les IPE, de monogamie ou de polygamie, de non-divorce (oui ça existe !) sans parler des documents traditionnels de base comme le certificat de résidence, les actes de naissance et autres. La bonne nouvelle est que, depuis quelques jours, tous ces certificats et attestations datant d’un autre âge sont purement supprimés des procédures, la CNSS se contentant seulement de simples déclarations sur l’honneur des intéressés.

Vivement que d’autres administrations lui emboîtent le pas et s’engagent elles aussi dans cette optique. Car, en plus de faciliter la tâche aux usagers, simplifier et alléger les procédures est d’abord une marque de confiance. En choisissant de se fier à une simple déclaration sur l’honneur d’un citoyen au lieu d’exiger des piles de documents souvent délivrés, signés et authentifiés par d’autres fonctionnaires, l’administration fait un grand pas sur la voie de la transparence, de la moralisation et de la responsabilisation surtout du citoyen lui-même. Bien entendu, la simplification devrait aller de pair avec la rigueur du contrôle qui prendra alors tout son sens et sa légitimité.

La simplification des procédures est, enfin, le meilleur moyen pour l’administration de devenir plus performante, car les ressources humaines et matérielles ainsi libérées de la gestion de la paperasse pourront être exploitées pour rendre au citoyen des services et prestations de meilleure qualité. N’est-ce pas là, in fine, la raison d’être de l’administration ?