Se préparer…

A la faveur de la conjoncture sanitaire et économique inédite due à la pandémie, qui dure depuis mars 2020, les pays du monde entier sont confrontés à une situation à laquelle ils n’étaient pas tellement préparés.

 

De même, le monde a découvert que les modèles et les schémas, qui semblaient bien fonctionner jusque-là, ont eux aussi des limites, voire des failles, tout comme des expériences négligées auparavant se sont avérées efficaces. Tout porte à croire que des situations exceptionnelles, inédites et extrêmes, il y en aura de plus en plus fréquemment dans les décennies à venir.

Rien que sur le plan naturel, le dérèglement climatique planétaire enclenché depuis quelques années monte en puissance.
Le Maroc, évidemment, n’échappe pas à ces grandes mutations qui sont en train de s’opérer. Les derniers chiffres de la direction générale de la protection civile sont édifiants à ce titre. Entre 2010 et 2019, c’est-à-dire sur les 10 dernières années, le Maroc a enregistré quelque 70 catastrophes naturelles, soit presque autant que ce qui a été enregistré en l’espace de 30 années de 1980 à 2009.

C’est dire qu’aujourd’hui, plus que jamais, l’urgence pour le Maroc est de bien se préparer pour aborder une nouvelle ère qui sera très probablement différente de celle anté-Covid.
D’abord sur le plan économique, et en capitalisant sur l’expérience de ces 12 derniers mois, il va falloir revisiter le modèle, reconsidérer certains choix, capitaliser sur les secteurs qui ont été facteurs de résilience ou encore améliorer ceux qui ont montré des faiblesses et peut-être aussi en abandonner d’autres.

Opter, par exemple, pour un secteur agricole fort en le dotant d’une stratégie et de moyens a été finalement un choix pertinent et visionnaire. Non seulement les ménages marocains n’ont manqué de rien, ce qui n’a pas été le cas pour beaucoup de pays, mais, en plus, la production agricole nationale a pu, à la faveur de la pandémie, mieux s’exporter dans le monde. Le secteur agricole est d’ailleurs le seul, avec les phosphates, dont les exportations se sont améliorées en 2020 par rapport à 2019. A contrario, et malgré sa bonne prestation dans la lutte contre la pandémie, le Maroc a découvert tout le bien que lui aurait fait une industrie médicale et pharmaceutique plus développée. S’il avait capitalisé et renforcé ses industries du médicament, le Maroc serait peut-être en mesure aujourd’hui de produire lui-même des vaccins, à l’instar d’un pays comme l’Inde qui fabrique dans ses usines presque 60% du volume de vaccins utilisé dans le monde et fournit chaque année 1,5 milliard de doses de vaccins à quelque 150 pays.
La pandémie aura été une leçon de plusieurs mois sur les nouvelles priorités de l’avenir. Il reste aujourd’hui à s’y préparer…