Se dépêcher lentement

Une année s’est écoulée et dans beaucoup de secteurs la machine n’est pas encore en bonne marche.

Une année s’est écoulée et dans beaucoup de secteurs la machine n’est pas encore en bonne marche. Beaucoup de ministres se sont pris pratiquement toute l’année 2012 pour découvrir les dossiers, lancer la réflexion sur les réformes à mener et comment les mener. Cela peut se comprendre dans certains cas, vu la complexité des dossiers. Théoriquement, donc, 2013 devrait être l’année par excellence de la concrétisation de nombre de grands chantiers, notamment la régionalisation, la réforme de la justice, la refonte du transport, de l’éducation, de la Caisse de compensation, des retraites…

Ce sont là des réformes de longue haleine, qui s’étaleront inévitablement sur plusieurs années et dont les résultats ne pourront pas se voir avant longtemps et probablement à un moment où leurs initiateurs ne seront plus forcément aux affaires. Mais ce sont en même temps des réformes urgentes et vitales pour l’avenir du pays et de ses jeunes générations. Le gouvernement doit se dépêcher pour les mettre en œuvre.
Mais, d’un autre côté, il y a les impératifs du moment qui sont tout aussi cruciaux pour le pays. La création d’emplois, la redynamisation de notre économie, de l’investissement privé, de notre industrie et de nos exportations, le rééquilibrage du budget de l’Etat, le retour à des fondamentaux solides et sains, l’amélioration des conditions de vie des Marocains, notamment le logement, le transport, la santé et les services publics… Tout cela ne peut malheureusement plus attendre et le gouvernement, en la matière, a une obligation de résultats et pas de moyens.

Si le gouvernement reste prisonnier, comme il l’a été durant 2012, de calculs politiques et des querelles partisanes, si le chef du gouvernement ou les ministres passent leur temps en 2013 à vouloir à tout prix et à chaque occasion affirmer leur légitimité et leur providence pour le pays, ce sera autant de temps perdu pour le citoyen, pour les entreprises et pour le Maroc en général.

Contrairement à un argument souvent brandi par le chef du gouvernement, on ne demande pas à ce dernier de transformer en cinq ans le Maroc en puissance économique mondiale.

Les Marocains sont suffisamment intelligents et modestes pour ne demander que des mesures concrètes ou, au moins, un début de mesures, qui leur assure le minimum vital. Un gouvernement, quel qu’il soit et quelle qu’en soit la couleur, n’est que de passage et son devoir n’est pas de résoudre tous les problèmes du pays mais d’apporter une valeur ajoutée et de contribuer, comme ceux qui l’ont précédé et ceux qui lui succéderont, à la longue marche du développement.

Bonne année 2013 à tous.