Rompre ou mourir

Au fur et à mesure que les campagnes de vaccination s’accélèrent dans le monde, les pays commencent à annoncer des horizons de réouverture et de redémarrage des activités pour les mois qui viennent.

Le secteur touristique et le transport aérien sont probablement les activités où la reprise devrait être spectaculaire.

C’est qu’après plusieurs mois de confinement, de restrictions de la mobilité, de privation, d’isolement, pas besoin d’études poussées ni de projections statistiques pour comprendre que dans les mois qui viennent il y aura une montée en puissance de l’industrie touristique mondiale et que, dès que permis, des millions de voyageurs et de passagers reprendront d’assaut les gares, les trains, les routes, les aéroports pour se déplacer, fuir et aller renouer avec le mode de vie normal en société, avec la découverte…

La grande économie du tourisme repartira donc de plus belle et l’après-Covid touristique risque d’être une méga compétition mondiale encore plus rude et plus disputée qu’elle ne l’était avant la pandémie, car les opérateurs du monde entier ont souffert. Dans quelques mois, les hôteliers et professionnels du voyage marocains seront sur la ligne de départ aux côtés de concurrents de gros calibre, notamment espagnols, italiens, français, portugais, anglais, grecs, allemands…

Est-ce que le secteur touristique marocain est prêt pour la nouvelle compétition ? Qu’est-ce qui a été fait par la communauté du tourisme au Maroc durant ces douze derniers mois pour la reprise ?

Certes, pendant la pandémie, il était d’abord et surtout question de survie, donc de résilience pour préserver l’existant, en l’occurrence les emplois, mais aussi l’outil, à savoir les capacités, les hôtels, les parcs de transport…
Mais la logique du maintien en l’état n’est pas suffisante. Car, comme beaucoup d’autres secteurs d’activité, le tourisme et le voyage de l’après-Covid seront très différents de ce qu’ils étaient avant. La crise sanitaire va changer profondément la vision des clients et leur conception du voyage, des vacances. Les critères de choix des destinations ne seront plus les mêmes. Est-ce que les acteurs marocains du tourisme ont mis à profit la longue période d’inactivité qui dure depuis mars 2020 pour repenser leur métier et se préparer au big-bang annoncé ?

Ce qui est sûr, c’est qu’au niveau institutionnel, à savoir l’Office national marocain du tourisme, la destination Maroc communiquera désormais et approchera ses marchés de manière totalement différente. Il faut espérer que les opérateurs marocains, eux-aussi, auront la capacité de se projeter sur l’avenir, de réinventer leur métier, d’oser la rupture. Mais qu’ils le veuillent ou non, ils y sont en tout cas condamnés.