Révolution sociale

Edito

Une scène qu’une majorité de Marocains ont déjà vécue au moins une fois dans leur vie : On se fait aborder par quelqu’un qui exhibe une ordonnance, prétendant ne pas avoir les moyens de se payer des soins ou des médicaments. La situation est indigne pour le quémandeur ; embarrassante pour celui qui est sollicité se sentant obligé de passer un scanner à l’œil nu à son interlocuteur pour jauger sa sincérité. Le dénouement (selon les cas) n’a aucune espèce d’importance, et ne peut se prêter à aucun jugement. Mais surtout, et c’est la bonne nouvelle: cette situation ignominieuse, cette approche de mendicité n’a plus lieu d’être… Bientôt l’accès aux soins, à la médication seront accessibles à tous !

La généralisation de la couverture médicale, à travers le régime de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), est actée! Elle est mise en œuvre au Royaume grâce aux instructions royales et la détermination de l’Exécutif à concrétiser ce chantier ! La généralisation est même devenue une réalité sur le terrain comme nous l’affirme l’homme en charge de son aspect opérationnel. Hassan Boubrik, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale est confiant quant au déploiement total de ce régime, devenu obligatoire, pour tous les Marocains, d’ici la fin de l’année.

Pour les plus vulnérables, les actuels Ramedistes, le gouvernement a déjà annoncé qu’il prendrait en charge les cotisations. Et bien entendu, il ne s’agit pas d’une couverture low-cost pour démunis : le régime dédié à cette catégorie, comme pour celui des travailleurs non salariés, n’a rien à envier à celui déjà mis en place pour les employés du secteur privé.

Conscientes de la sollicitude royale envers la santé et la dignité des Marocains, toutes les parties prenantes impliquées dans cette réforme révolutionnaire pour notre société travaillent d’arrache-pied pour la rendre effective. L’Exécutif a par exemple adopté pas moins de 22 décrets, reliés à ce chantier, en moins d’une année et d’autres suivront forcément durant les prochaines semaines. C’est qu’il est résolu à dépasser toutes les contraintes, qu’elles soient budgétaires, légales, administratives ou organisationnelles.
Cette célérité n’est pas à confondre avec précipitation. Les grands paramètres d’équilibre fondamental pour ce régime sont acquis et les projections futures sont en cours d’étude. Mais surtout la dynamique est irréversible de manière à mettre fin aux inégalités d’accès aux soins médicaux. Il n’empêche que le secteur hospitalier qui va être pris d’assaut aura à relever de nombreux défis. Cette généralisation ne peut que le tirer vers le haut, voire révolutionner même les pratiques aujourd’hui en place. C’est aussi à cette composante que tient la réussite de cette opération de généralisation. Cette réforme inclusive et durable à même de consolider les fondements de l’Etat social…