Revenir aux basiques

Le gouvernement entame la quatrième année de son mandat. En 2016, année des élections législatives, l’équipe Benkirane devra forcément présenter son bilan au grand public.

Le gouvernement entame la quatrième année de son mandat. En 2016, année des élections législatives, l’équipe Benkirane devra forcément présenter son bilan au grand public. Mais à une année de l’échéance, on peut déjà faire un pré-bilan où il y a naturellement du bon et du mauvais.

Certes, au moment où la nouvelle équipe se mettait en place, fin 2011-début 2012, les attentes étaient grandes et les déficits trop importants.

Tout était prioritaire et il fallait attaquer les urgences les plus vitales. On peut donc aisément comprendre que le gouvernement se soit d’abord attelé à colmater les brèches dans les finances publiques car il y allait de la pérennité de tout le pays. C’est dans ce cadre que l’on peut inscrire, entre autres, l’entame de la courageuse réforme de la compensation…

On peut également comprendre que parmi les premiers dossiers traités figurait l’amélioration des conditions des classes les plus défavorisées, les personnes laissées en marge de la société car là aussi cela représentait une bombe à retardement, surtout dans une conjoncture, celle de l’époque, caractérisée par l’ébullition du Printemps arabe.

On notera que le gouvernement a aussi tenté d’effleurer des dossiers profonds mais non moins importants comme la réforme de la justice ou encore les retraites mais dont les premiers résultats sont encore très loin d’être visibles, si résultats il y a.

Sur le registre du mauvais, le plus gros échec probablement de l’équipe Benkirane aura été l’emploi. Et il est peu probable que les deux années qui restent permettent d’inverser la tendance.

Mais visiblement aussi, le gouvernement n’a pas fait preuve du même pragmatisme en la matière. Preuve en est, nous sommes pratiquement à un an et demi de la fin de mandat, et c’est à peine aujourd’hui que l’on ose encore parler d’un pré-projet d’ébauche préliminaire d’une Stratégie nationale de l’emploi qui devra être validée, puis traduite en plans d’action avant d’être opérationnalisée. Tout cela prendra au bas mot une année, dans le meilleur des cas et si tout se passe bien. A quoi ça sert vraiment ?

Maintenant que les carottes sont cuites, si le gouvernement Benkirane veut vraiment faire œuvre utile, il a tout juste le temps de commencer à baliser le terrain avec des expériences réussies et laisser aux successeurs le soin de les approfondir. Et pour cela, il n’y a pas mieux que de revenir aux basiques de l’économie : les déficits étant encore importants dans les secteurs sociaux, il est évident que le Maroc a besoin de nouvelles élites.

En face, il y a une population de millions de jeunes qui ne demandent qu’à travailler et à contribuer, pourvu qu’on leur en donne l’opportunité. C’est peut-être mieux que de vouloir fabriquer des usines à gaz qui ne fonctionneront jamais…