Retenir les talents

Quelque 500 millions de dollars, soit presque 5 milliards de DH. C’est ce que vient de mettre sur la table l’Etat émirati en partenariat avec le secteur privé des Emirats Arabes Unis pour booster le jeune entrepreneuriat en Afrique avec un focus particulier sur les technologies de l’information et la recherche & développement.

Quand bien même les donateurs et promoteurs de cette initiative parleraient de bénévolat ou d’engagement «citoyen» sans contrepartie, comme ils l’ont fait devant un parterre de chefs d’Etat et hauts responsables africains au sommet de l’Union africaine d’Addis-Abeba, il est difficile de ne pas y voir un investissement sur le long terme. Car ces millions de jeunes talents africains ainsi accompagnés finiront tôt ou tard par se tourner vers leurs mentors et la richesse et la valeur qu’ils créeront profiteront à une autre économie au moment où l’Afrique et leurs pays en ont viscéralement besoin.

Mais ce qui est sûr c’est que la dernière grande initiative royale lancée il y a quelques jours, consistant à ouvrir l’accès au financement aux jeunes entrepreneurs et porteurs de projets, touche en plein cœur la problématique actuelle des économies et plus particulièrement en Afrique: les jeunes qui sont naturellement l’avenir d’un pays ne trouvent pas de relais ni d’aide pour…

Dans le cas du Maroc, les pouvoirs publics, sous l’impulsion royale, se sont mis en ordre de marche pour attaquer sérieusement le problème.

Maintenant, le Maroc dans sa dimension africaine, a également un rôle à jouer et surtout intérêt à se positionner face à cette problématique sur le continent africain. Il a surtout les moyens et la logistique pour le faire.

Car, contrairement à d’autres pays, comme les Émirats dans le cas d’espèce ou même d’autres puissances et non des moindres, le Maroc dispose d’un solide réseau de relais pour toucher la jeunesse africaine en quête de moyens de financements. Les entreprises marocaines, notamment les banques, ont réussi depuis quelques années à tisser un maillage large et dense qui leur permet d’être au plus près de la réalité de l’entreprise africaine. C’est là un avantage de taille que très peu de pays ont la chance d’avoir et qui procure déjà au Maroc un positionnement privilégié et une réelle force de frappe.

A l’instar de ce qui a été fait localement, le Maroc, à travers ses banques et ses grandes entreprises de manière globale, peut constituer une locomotive pour la création de valeur en Afrique et pour l’Afrique.