Rendez-vous en 2035

Le rapport sur le nouveau modèle de développement, résultat final du travail d’une équipe, certes, mais en fait ce n’est que le début d’un processus.

Le travail vient de commencer pour la mise en œuvre du nouveau référentiel proposé. Dans tout cela, l’un des grands défis pour le Maroc, dans les dix à quinze années qui viennent, sera de prouver la capacité de définir à soi-même des challenges et de les réussir. Et malgré toutes les difficultés ou doutes qui peuvent exister, il est permis de croire que le Royaume dispose des atouts nécessaires pour gagner son pari. Car, entre autres raisons, le Maroc n’en est tout simplement pas à son premier coup d’essai.
Flash-back. Il y a 15 ans, en janvier 2006, une équipe de réflexion, menée par feu Abdelaaziz Meziane Belfkih, rendait public un rapport volumineux et minutieusement préparé sur l’évolution du Maroc de 1955 à 2005. Le document avait été intitulé «50 ans de développement humain et perspectives 2025» et communément connu sous l’acronyme RDH50.
Aujourd’hui, en 2021, on est encore à quatre années de cet horizon fixé par le rapport. Qu’est-ce qui a changé au Maroc en l’espace de 15 ans ? Le propos n’est pas de dresser un bilan ou un inventaire exhaustif, mais il y a quelques faits, indicateurs et chiffres qui méritent d’être relevés.
En matière sociale et de développement humain, par exemple, les taux de pauvreté et d’analphabétisme ont été réduits de plus des deux tiers de ce qu’ils étaient au début des années 2000. Il y a quinze ans, l’AMO n’existait pas encore et le Ramed non plus. Et probablement que d’ici 2025, il y aura une protection sociale pour presque 20 millions de Marocains. Sur le plan économique et sectoriel, le Maroc en 2005 était encore presque totalement absent des chaînes de valeur mondiales de l’automobile, de l’offshoring, de l’aéronautique, secteurs à haute valeur ajoutée où il est aujourd’hui positionné solidement comme une plateforme régionale performante et incontournable.

Pour le secteur agricole, le décalage est encore plus flagrant entre une agriculture pauvre et moribonde, presque sinistrée, en 2005, et une agriculture moderne, puissante, exportatrice, génératrice de richesses, de revenus et de valeur en 2021, au point de figurer dans l’un des principaux piliers socioéconomiques dans le nouveau modèle de développement.
Enfin, entre 2005 et 2021, et de l’aveu de tous les observateurs mondiaux, le Maroc a réalisé des révolutions dans les domaines des énergies renouvelables, des infrastructures, des nouvelles technologies, des télécoms… Le nouveau modèle de développement propose de grands chantiers à lancer en urgence pour la santé, l’éducation, la cohésion sociale, l’emploi, le cadre et l’espace de vie, les régions et bien d’autres volets car, évidemment, tous les problèmes et les déficits ne pouvaient être attaqués en si peu de temps.
Mais au vu de ce qui s’est réalisé depuis 2005 et si encore une fois tous les acteurs y mettent autant, voire plus d’énergie, de volonté et d’implication, et même si certaines ambitions peuvent paraître difficiles à réaliser, il ne serait pas insensé de penser qu’en 2035 le Maroc sera au rendez-vous.