Régions de façade…

Au vu des tendances et expériences mondiales, le Maroc n’a pas d’autre choix que d’aller vers une configuration bà¢tie autour de la Région.

Certes, les projets de textes sont encore dans le circuit et ils n’en sortiront probablement pas de sitôt. Cela dit, c’est aujourd’hui que l’on doit s’y préparer sérieusement si l’on veut réellement réussir le passage en mode régions. C’est d’ailleurs ce genre de démarche marquée par le manque de préparation et l’improvisation qui a fait que les expériences du Maroc à ce jour en matière de gestion locale ont rarement été concluantes. Le cas de Casablanca en dit long sur le résultat de plusieurs années de bidouillage, bricolage, rafistolage etc.

Quand, en janvier 2010, le Souverain avait chargé une commission bien composée et bien fournie en profils de travailler sur le projet de régionalisation avancée, la démarche était porteuse de beaucoup de messages et d’enseignements. Le premier d’entre eux est que rien ne peut se faire si, en amont, il n’y a pas de vision claire et si on ne sait pas où l’on veut aller. Le deuxième enseignement est qu’un changement de cette ampleur ne peut réussir que s’il est mûrement réfléchi et minutieusement préparé des années à l’avance. Ce n’est pas pour rien que la charte communale, par exemple, ou la décentralisation, la déconcentration et autres tentatives de ce genre sont restées au stade de concepts.  
La Région ne se décrète pas. La Région suppose un changement radical de paradigmes chez nos décideurs, nos hommes politiques, nos fonctionnaires, nos chefs d’entreprises, nos investisseurs…, du Marocain tout court.

Une région ne peut pas exister et encore moins réussir si les acteurs locaux eux-mêmes ne croient pas en leur capacité et en leurs chances. Si le capital, les ressources humaines, les compétences continuent encore à s’agglutiner sur un petit axe côtier de 200 kilomètres, c’est que les acteurs ne sont pas encore prêts à adhérer à un vrai schéma de régionalisation.
Comment peut-on expliquer qu’à ce jour encore, alors que la réflexion sur la Région a démarré depuis presque cinq ans, on n’a jamais vu d’élus, de conseillers ou de représentants d’une quelconque région venir présenter leurs visions pour leur région ? Quel est leur diagnostic ? Quels sont les atouts et leviers qu’ils comptent actionner ? Quelles sont les ressources qu’ils pensent mobiliser ? Comment comptent-ils développer la région ? Quels projets envisagent-ils ? Quel argumentaire comptent-ils utiliser pour attirer les entreprises et investisseurs ?

Non. Visiblement, nos hommes politiques sont encore dans l’ancienne configuration qui se résume à une question : combien l’Etat central va-t-il nous allouer de ressources sur le Budget général pour que nous puissions payer les salaires des fonctionnaires et assurer le bon fonctionnement de l’administration. Le changement de paradigme n’est pas pour demain…