Redémarrage urgent

•Le retour à la vie normale ne sera pas possible de sitôt.

Mais le redémarrage, même progressif, de l’économie est une nécessité. C’est probablement le chantier le plus vital aujourd’hui et le plus urgent, après l’urgence sanitaire, bien entendu. Pour ce qui est du timing, il n’est pas difficile de comprendre l’ampleur des dégâts et des pertes en milliards de DH. L’économie mondiale est entièrement impactée, certes, mais certains pays ont déjà redémarré leurs activités. Ce n’est pas que les vies humaines y sont moins importantes, mais très probablement parce que la situation économique est devenue intenable.
A entendre les dernières déclarations du ministre des finances, le Maroc est déjà engagé dans cette voie. Mais il devra accélérer la cadence, car chaque jour qui passe est l’équivalent de plusieurs milliards qui s’évaporent, et de pertes de revenus pour des millions de ménages.
Au début de la pandémie, toutes les composantes du pays ont démontré que, quand la situation l’exigeait, l’on pouvait assumer un engagement collectif. C’est d’ailleurs de cette manière que le pire scénario a pu être évité. Aujourd’hui c’est avec le même esprit collectif qu’il faudra attaquer la prochaine phase, tout aussi cruciale, qui est de redémarrer l’économie, car la tâche ne sera pas facile.
D’abord à cause du risque sanitaire persistant. Actuellement, la pandémie est en train de s’acheminer vers une stabilisation. Certes. Mais le virus est, et restera, toujours actif et mobile, donc dangereux. Le premier grand défi pour le redémarrage de la machine économique consistera donc à sécuriser les conditions de travail pour rassurer les salariés et les faire revenir, sans qu’ils ne soient angoissés par les risques de contamination.
Le deuxième défi sera évidemment d’ordre financier. Certes, l’Etat a déjà injecté plusieurs milliards dans la première phase de la pandémie, que ce soit pour financer le dispositif sanitaire ou pour aider les millions de ménages et les entreprises à amortir le choc violent causé par l’arrêt des activités. Pour la prochaine phase de redémarrage de l’économie, la seule voie possible de sortie sera encore des financements massifs publics. C’est le même schéma à l’échelle planétaire. Au Maroc, pour ce qui reste de l’année 2020, mais aussi pour les deux années qui viennent, les finances publiques devront être réorientées vers un seul objectif : remettre rapidement sur pieds l’économie en continuant de parer aux urgences sociales.
Le redémarrage de l’économie à ce stade n’est pas un luxe, mais une nécessité. Y compris pour l’Etat lui-même, car ce sont les entreprises qui, dans quelques mois, devront prendre le relais en repayant à nouveau les salaires, en versant leurs cotisations sociales, en payant leurs impôts…
Il y a forcément un équilibre à trouver entre l’urgence sanitaire et les impératifs socioéconomiques vitaux.
Mais une chose est sûre, il vaut mieux, dès aujourd’hui, une reprise bien préparée, organisée, structurée et encadrée que de laisser les opérateurs économiques, entreprises, commerçants, artisans et autres, procéder en rangs dispersés et incontrôlés. Cela pourrait déboucher sur une autre catastrophe sanitaire.