Reconfiner…?

Le warning annoncé par le ministère de la santé est on ne peut plus clair : Si les indicateurs continuent de progresser sur le même trend que celui observé depuis quelques jours, les pouvoirs publics seraient contraints de prendre de nouvelles mesures douloureuses pour endiguer une quatrième vague de Covid-19.

 

Décision que certains s’empressent déjà d’anticiper en rappelant les conséquences traumatisantes, d’autres en mettant en doute la nécessité de reconfiner, entre autres au regard de l’avancement de la vaccination. Pour autant, la question se pose aujourd’hui d’elle-même :
Doit-on reconfiner ?
Scientifiquement, la réponse est presque évidente. Il faut rappeler que pour bien moins que cela et avec des indicateurs épidémiologiques nettement moins alarmants, le Maroc avait même décrété l’état d’urgence sanitaire. Lequel état d’urgence est d’ailleurs toujours en vigueur, ce qui veut dire que les conditions et les raisons qui avaient mené à cette lourde décision ne sont toujours pas levées. Et qui dit état d’urgence, dit évidemment confinement, restrictions sur la mobilité, couvre-feu, dispositifs de contrôles renforcés sur la voie publique, mais aussi télétravail, fermetures d’entreprises, des écoles, gel des activités… Mais le Maroc peut-il reconfiner et en a-t-il les moyens, surtout sur le plan économique ?
Dans l’absolu, oui. Surtout quand les considérations d’ordre sanitaire l’emportent, c’est-à-dire lorsqu’il s’agit de préserver d’abord les vies humaines, la question ne se pose naturellement même pas. A tel point que la possibilité et la faisabilité au sens économique, deuxième partie de la question, sont presque reléguées au second rang. Et, enfin, sur le plan légal, les pouvoirs publics peuvent reconfiner, car ils ont aujourd’hui toute la latitude, les outils juridiques et assez d’expérience pour le faire et le gérer si cela devait s’avérer inévitable.
Mais en arrivera-t-on à ce point ? La décision de réinstaurer ou non un dispositif de restrictions, comme ce fut le cas à deux reprises en 2020 et à la veille du Ramadan 2021, dépendra de l’évolution des indicateurs sanitaires dans les jours qui viennent. Et cette évolution dépend à son tour et presque exclusivement du degré de conscience, de bon sens, de civisme et de responsabilité collective dont feront preuve les Marocains.
Et si cela devait arriver, ce serait deux catastrophes en une : un nouveau reconfinement avec tout ce qu’il a de traumatisant et surtout un beau gâchis, car on aura concédé 12 mois de sacrifices collectifs lourds, y compris en vies humaines, et dépensé des dizaines, voire des centaines de milliards de DH pour se retrouver à la case départ…