Qui se sent morveux…

Si réellement l’Algérie se préoccupait du sort de ce «peuple sahraoui» pour la cause duquel elle gesticule depuis 30 ans, elle aurait conseillé à ses protégés, par pragmatisme, d’accepter le principe d’une large autonomie régionale.

Que veut l’Algérie ? D’abord il y a l’annonce par la presse algérienne, lundi 4 octobre, de la capture de 400 soldats et officiers marocains qui se seraient aventurés du côté de Tindouf, information démentie côté marocain. Il y a également l’information rapportée par le quotidien Al Watan, selon laquelle une commission de soutien au peuple sahraoui a été créée à Damas. Information également démentie par l’ambassade de Syrie à Rabat.
Ensuite, les gros contrats d’armement passés au cours de ces trois dernières années. Une frénésie de surarmement que ne justifie aucun contexte géopolitique. Des milliards de dollars engloutis en matériel offensif ! Pour quoi faire ?
Enfin, les déclarations hostiles. La dernière en date est celle du président Bouteflika qui qualifie le Maroc de «puissance occupante». De quel territoire, de quelle nation légalement constituée ?
Intox, provocation et démonstrations de force. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier les agissements de notre voisin, aujourd’hui empêtré dans ses contradictions.
Contradictions, car on n’a jamais vu un pays se déclarant partie non prenante d’un conflit retenir des soldats prisonniers sur son territoire. Contradictions, car on ne soutient pas la soi-disant cause d’un peuple sahraoui en jetant de l’huile sur le feu, alors que la logique voudrait que l’on joue les bons offices pour calmer les foyers de tension à ses frontières. Contradictions, car on change de position au gré de la conjoncture : tantôt c’est le référendum, tantôt c’est le partage du territoire.
Si réellement l’Algérie se préoccupait du sort de ce peuple sahraoui pour la cause duquel elle gesticule depuis bientôt 30 ans, elle aurait conseillé à ses protégés, par pragmatisme, d’accepter le principe d’une large autonomie régionale, car elle sait bien que le Maroc ne cédera rien sur son intégrité territoriale. Plus qu’hier, le Sahara n’est pas un no man’s land. C’est un territoire marocain, habité par des Marocains et doté de toutes les infrastructures administratives.
Que veut donc l’Algérie ? Tout simplement sa part du gâteau et elle sait bien que le temps ne joue pas en sa faveur, que la communauté internationale n’entend pas régler le problème à travers une solution imposée et que le Polisario, le paravent derrière lequel elle cache ses visées hégémonistes, n’en a plus pour longtemps. Alors l’Algérie brasse du vent, faute de mieux.