Programmes sans «participation»

Nous y voilà ! C’est le jour J. Ce vendredi 7 octobre, ils sont, en théorie, plus de 15 millions de Marocaines et de Marocains à devoir se rendre aux urnes pour ce qui sera le 10e scrutin législatif du Maroc indépendant.

Bien entendu, comme dans toutes les élections législatives, et plus particulièrement celles qui se sont déroulées depuis 2002, l’enjeu est de taille et pour les partis et pour le pays puisque les urnes vont désigner la majorité qui devra conduire le gouvernement pour les cinq prochaines années. L’enjeu est important pour le Maroc dans le sens où la période 2017-2021 sera cruciale au vu des réformes qui restent encore soit à parachever pour consolider les acquis, soit à lancer dans beaucoup de domaines vitaux comme l’éducation, la santé mais aussi et toujours la justice, la fonction publique ou encore la moralisation, sans parler du traditionnel et éternel volet économique, notamment pour ce qui est de l’épineuse question de l’emploi. C’est d’ailleurs bien pour cela que, spécialement pour ces élections de 2016, on aura remarqué que les programmes de pratiquement tous les partis, en tout cas les plus grands, ont une coloration économique légèrement plus prononcée que d’habitude. On ne rappellera pas les chiffres qui ont fusé de partout sur les taux de croissance et les créations d’emplois. Notre classe politique a probablement senti que, cette fois-ci, la carte économique prime. 

Et à l’heure où l’on écrivait ces lignes, à 48 heures du vote, la campagne des partis battait son plein à travers le pays, chacun tentant de convaincre et, in fine, de grignoter des voix. Des campagnes auxquelles, visiblement, il y a eu beaucoup plus d’affluence que pour celles des élections de 2011, puisque le ministère de l’intérieur nous informe qu’ils étaient plus d’un demi-million de Marocains à venir assister aux meetings et autres manifestations électorales. C’est le double du chiffre de 2011. D’aucuns verraient dans cet intérêt des citoyens les prémices d’une bonne participation. Et c’est là peut-être l’un des enjeux de ce scrutin au-delà de ses résultats. Un enjeu dont nos partis politiques ne parlent pas alors qu’ils sont, paradoxalement, les premiers concernés car l’abstention et la participation sont les baromètres de la crédibilité de la classe politique auprès des électeurs, finalité ultime de l’opération.

Ironie du sort, dans tous les beaux et merveilleux programmes qu’on nous a servis, aucun parti n’a estimé important de mettre comme objectif de son plan d’action sur les cinq prochaines années d’améliorer le taux de participation des Marocaines et Marocains aux différents scrutins directs auxquels ils sont appelés à participer. Serait-ce finalement le dernier des soucis de nos politiciens…?