Profiter de la reprise…

Si les économies européennes retrouvent leur tonus d’antan, cela se répercutera inévitablement sur la nôtre. L’effet est quasiment mécanique.

Un semblant de début de reprise commence à se dessiner en Europe : voilà qui devrait constituer une source d’optimisme pour les mois à venir, même s’il est encore prématuré de parler d’un nouveau cycle de croissance durable…
Si les économies européennes retrouvent leur tonus d’antan, cela se répercutera inévitablement sur la nôtre. L’effet est quasiment mécanique. Mais ce serait dommage que le Maroc s’en tient uniquement à cet effet mécanique car on pourrait tirer davantage profit de la reprise. Cela ne dépend que de nous.

Depuis trois ou quatre ans, les grandes économies mondiales et particulièrement européennes tournent au ralenti. Malgré cela, le Maroc, fortement tributaire de ces pays, ne s’est pas effondré. Mieux, nous avons fait preuve d’une capacité de résilience honorable. C’est dire que quand l’Europe se réveillera, il faut s’attendre à une embellie. Sauf que pour cela, il faut s’être préparé à la reprise. En matière de management, le principe est connu : c’est pendant la crise qu’il faut se préparer à la reprise. Quand l’activité est en baisse, quand on n’est pas sous la pression des commandes et de la production, c’est le meilleur moment pour mettre à plat le système, faire la maintenance des machines, réparer les pannes, revoir les procédures…bref, pour être prêt à augmenter le régime quand il le faudra.

Qu’avons-nous fait ces trois ou quatre dernières années pour nous préparer à une reprise attendue depuis longtemps ? Avons-nous réformé notre arsenal juridique pour améliorer l’attractivité du pays vis-à-vis des investisseurs étrangers ? Qu’en est-il des dossiers qui agissent directement sur l’acte d’entreprendre et d’investir comme la refonte fiscale, notamment la TVA, le dossier du foncier, le climat des affaires, les difficultés d’entreprises, les juridictions commerciales… et tant d’autres problèmes qui constituent des freins majeurs dans le milieu des affaires ?

On ne peut pas nier que durant ces trois ou quatre dernières années, le Maroc a bravé le marasme ambiant en poursuivant ou en lançant courageusement quelques grands projets structurants comme les autoroutes, le TGV, les tramway urbains, les grands stades, les extensions du port Tanger Med, les investissements massifs dans les zones industrielles de nouvelle génération et zones dédiées aux métiers mondiaux ou encore le méga chantier de modernisation de l’agriculture qui commence à donner ses fruits. Malheureusement, si la reprise de l’Europe venait à se confirmer, ce que nous espérons, nous n’aurons pas préparé d’autres outils qui nous permettront d’en tirer encore plus profit. La problématique de la formation de compétences qualifiées est toujours entière. Le secteur touristique et hôtelier n’a pas encore mis en œuvre pleinement le plan d’action de la Vision 2020. Le secteur textile n’a toujours pas fait sa mutation pour abandonner son statut de façonnier et sous-traitant. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit l’adage, et il faut espérer que le nouveau gouvernement soit constitué dans les jours qui viennent  et se mette au travail sans trop attendre…