Prévenir

Mieux vaut prévenir que guérir. Ce vieil adage semble prendre aujourd’hui toute sa signification.

 

D’abord au sens propre de l’expression, c’est-à-dire médical, puisque l’on est en pleine pandémie. Au vu du déroulement de la lutte contre la propagation du Covid-19 à travers le monde, et en comparant les différentes expériences, la démarche préventive s’est révélée être la plus juste, la plus efficace.
Les Etats qui ont hésité à prendre rapidement les mesures radicales l’ont payé lourdement, les pertes en vies humaines se comptent par milliers. Deux ou trois jours de retard ont fait basculer des pays dans des situations de chaos cauchemardesques, dignes des scénarios des films d’horreur.
A l’opposée, les pays dont les décisions ont été plus fermes, et qui ont instauré de la prévention suffisamment à l’avance, ce sont des millions de vies qui ont été potentiellement et certainement sauvées. Au Maroc, qui a fait partie de cette école préconisant le préventif plus que le curatif, le bilan épidémiologique aurait été plus lourd si les mesures n’avaient pas été décrétées à temps. A une soixantaine de cas à peine, la machine s’est mise en marche.
Au Maroc, le curatif à lui seul n’aurait jamais pu faire face à un raz-de-marée de contaminations, qu’à Dieu ne plaise. Ni ailleurs. Des pays comme l’Italie, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis sont aujourd’hui la preuve vivante que la prévention vaut toujours mieux, et peut même faire la différence.
L’expression se trouve également vérifiée au sens figuré, mais sur un tout autre registre. Depuis le début de l’épisode sanitaire, cela n’aura échappé à personne, les phénomènes de la rumeur, l’intox, les fake news, déjà très répandus dans les réseaux sociaux au Maroc, ont littéralement explosé. La période actuelle s’y prête particulièrement : une pandémie, une situation sociale et économique inédite et une opinion publique, y compris les opérateurs économiques, à la recherche de visibilité, à l’affût du moindre élément d’information de la plus petite lueur d’espoir.
Évidemment, des voyous et des criminels, intéressés ou non, en profitent, sachant, en plus, que, confinement oblige, l’audience et le trafic sur les réseaux sociaux au Maroc ont pratiquement doublé, voire triplé ces deux derniers mois.
Face à tout cela les pouvoirs publics, les administrations, les ministères et même les entreprises privées dépensent leur énergie et mobilisent leurs ressources à apporter des démentis à longueur de journée.
Si autant d’énergie était dépensée, non pas dans les démentis mais dans la production et la diffusion de l’information utile et authentique, les fake news seraient largement combattues. Les communicants savent pertinemment que la rumeur prend place quand il y a le vide.