Pourvu que ça dure…

Le social marquera cette année et la prochaine également. Les politiques n’ont plus d’autre choix que de suivre, et de presser le pas. Et ceci est plutôt une bonne nouvelle pour cette rentrée.

D’aucuns s’accordent à dire qu’il y a un déficit social au Maroc. Cet amer constat a été exprimé de différentes manières et à travers une multitude de canaux. Ceux-ci font état d’un déficit social multidimensionnel, qui se distingue également par des disparités entre couches sociales, entre milieu urbain et milieu rural, entre régions… Ces disparités sont devenues omniprésentes, de plus en plus exacerbées et, conséquence logique, de moins en moins tolérées.

Avant cette rentrée qui se fait sous le signe de l’appui et de la protection sociale, la majorité des hommes politiques donnait l’impression de vivre dans un autre monde que leurs concitoyens. Et quand bien même certains avaient compris le malaise ambiant, l’heure ne paraissait point à l’urgence pour eux. Comme si le Maroc pouvait s’offrir le luxe de patienter encore quelques années avant de saisir sérieusement le problème à bras-le-corps. Dans le meilleurs des cas, on parlait de 2019, quand ce n’est pas 2020 ou 2025, et ce, pour des problématiques où il fallait absolument faire diligence.
Mais en cette rentrée, la classe politique n’a plus que le déficit social à la bouche. A-t-elle pris conscience spontanément du degré de gravité du malaise ambiant ? Ses acteurs ont-ils quitté leur tour d’ivoire pour enfin aborder la situation de manière lucide et réaliste ?

Que nenni. S’ils se sont mis à en parler d’un air convaincu c’est parce que le Souverain les a rappelés à leurs engagements en demandant notamment au gouvernement de mettre en place des mesures sociales d’urgence.

Lundi 17 septembre, pour le lancement de la rentrée scolaire présidé par le Souverain, le social a été le fil rouge de toutes les mesures: Tayssir, lutte contre l’abandon scolaire, réductions des charges financières grevant le budget des familles pour la scolarisation des enfants, transport scolaire, bourses, emploi des jeunes… Deux jours plus tard, le lancement de la phase 3 de l’INDH a eu lieu dotée de 18milliards de DH.
Le message est clair. Le social marquera cette année et la prochaine également. Les politiques n’ont plus d’autre choix que de suivre, et de presser le pas. Et ceci est plutôt une bonne nouvelle pour cette rentrée. Pourvu que ça dure…