Pourquoi je n’ai pas voté en 2002

A quoi cela nous sert-il d’être fichés, numérisés, «mokkadémisés», si l’on doit rater son devoir citoyen parce que l’Etat
n’a pas mis en place
de simples moyens informatiques pour croiser des numéros de CIN ?

Amoins d’un an des élections législatives de 2007, ou peut-être quelques mois seulement, si la décision de les avancer pour cause de Ramadan est prise, on n’est pas plus avancé qu’il y a 5 ans sur les tendances qui caractériseront le taux de participation. Selon des chiffres provenant du Cinquantenaire, repris par l’association 2007 Daba, 50% des jeunes en âge de voter ne sont pas inscrits sur les listes électorales, et 38% d’entre eux seulement ont exercé leur droit de vote en 2002. En ce sens, l’initiative de sensibilisation prise par 2007 Daba est, on ne peut plus citoyenne, même s’il faut énormément de moyens pour amener 25% de citoyens en plus à  voter.

Il reste toutefois un autre champ inexploré et qui pourrait grandement contribuer à  élever le nombre des votants : celui des personnes inscrites sur les listes électorales mais dont beaucoup n’ont pas voté pour des raisons pratiques.

Prenons le cas de ce jeune trentenaire. Il est cadre supérieur, donc – a priori – intellectuellement mieux armé pour appréhender ce devoir citoyen qu’est le fait de se rendre aux urnes. Pourtant il n’a pas voté. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’administration lui a compliqué la tâche. Du fait qu’il n’en est pas à  son premier vote, il a été inscrit de facto sur les listes du quartier o๠résident ses parents avec lesquels il habitait il y a quelques années. Résultat : quand, le jour du vote, il s’est présenté dans le bureau de son domicile actuel, on lui a tout simplement signifié qu’il devait d’abord aller se faire radier de la liste du quartier de ses parents (qui habitent à  150 km de chez lui) avant de revenir voter. Tout cela en une journée, au cours de laquelle il est censé travailler de surcroà®t.

Moralité : le processus électoral perd beaucoup de voix pour des broutilles administratives. La logique aurait voulu, partant du principe que c’est à  l’Etat de faciliter les choses et non l’inverse, que l’on tienne compte du vote de ce jeune sur la base du numéro de sa carte d’identité nationale et que l’on fasse ensuite les recoupements nécessaires en se servant toujours du même identifiant. De la sorte, on éliminerait les doublons et les votants malintentionnés. A quoi cela nous sert-il d’être fichés, numérisés, «mokkadémisés», si l’on doit rater son devoir citoyen parce que l’Etat n’a pas mis en place de simples moyens informatiques pour croiser des numéros de CIN ?.