Plus de fermeté

Depuis 4 ans, le nombre des tués et des blessés par accident au Maroc s’est stabilisé. En France, il a baissé de 40% en 5 ans…

En dépit d’une légère hausse en 2007, on donnera statistiquement raison au gouvernement qui estime avoir stabilisé le nombre de tués et de blessés par accidents de la circulation. Depuis 4 ans, en effet, on compte en moyenne quelque 3 700 morts et 12 000 blessés graves.

Est-ce une bonne performance ? Si l’on considère que le parc automobile augmente de manière régulière, si l’on tient compte des 300 000 véhicules neufs vendus depuis 2004, et du fait que le trafic augmente avec l’activité économique, on peut considérer la stabilisation des sinistres comme un résultat positif. Mais l’on pourrait aussi considérer que l’augmentation du parc signifie des véhicules plus sûrs pour leurs occupants. On pourrait faire un parallèle avec l’Hexagone qui compte le même nombre de tués pour un parc automobile 25 fois supérieur au nôtre, ou encore rapprocher nos chiffres de ceux du Portugal, du Luxembourg ou de la France qui, en cinq ans, ont réduit de 40% le nombre de leurs tués ! Stabiliser c’est bien, réduire c’est mieux.

Il serait trop facile de faire porter le chapeau au ministère de tutelle. Le problème implique des enjeux sociaux et sociétaux qui dépassent le champ d’action d’un seul département. Il est question à  la fois du contrôle, des mentalités et de l’existence d’une foule de problèmes non résolus.

Sur le volet contrôle, l’ampleur de la corruption des agents de la circulation rend tous les excès possibles: la vitesse, la surcharge, le non-respect des feux et des signaux de priorité. Que faire ? Augmenter les salaires des contrôleurs ? Quel serait le niveau adéquat pour les mettre à  l’abri de la tentation ? A côté d’un gigantesque travail de sensibilisation, il faudrait aussi automatiser à  l’extrême, ce que l’on n’a pas encore commencé à  faire.

Sur le plan des mentalités, ce sont les comportements des usagers de la route qui doivent changer. Ces piétons qui traversent n’importe oà¹, ces bus qui grillent les feux rouges ou la priorité, ces taxis qui s’arrêtent n’importe oà¹Â… On parle de civisme, mais le civisme, c’est également le résultat, comme ce fut le cas en Europe il y a 30 ans, d’une action ferme des pouvoirs publics. Il faut frapper là  o๠ça fait mal : la poche.

Concernant les problèmes non résolus, on peut en citer à  la pelle : l’alcool au volant, notamment chez les mineurs, les six passagers dans un taxi fait pour en accueillir quatre, les permis délivrés à  vie… On rétorquera que nombre de problèmes seront résolus par le nouveau code de la route. Mais o๠est-il ? Devant la grogne sociale actuelle, le gouvernement semble avoir mis une sourdine à  ses ambitions. 2008, avec ses 3 700 morts, sera au mieux une cinquième année de stabilisation.